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Humains en reconstruction

Amour Amour est un objet théâtral audacieux et qui ne laisse pas indifférent

Amour Amour
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine À l’affiche à Premier Acte, Amour Amour raconte la reconstruction d’un petit groupe d’humains, qui ont perdu toutes leurs références, à la suite d’une fin du monde. Une pièce de théâtre audacieuse et déroutante.

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Objet théâtral expérimental et déroutant, Amour Amour aborde la reconstruction de l’être humain et s’interroge sur les possibilités de changer et de devenir de meilleures personnes.

À l’affiche à Premier Acte jusqu’au 2 novembre, la création de la jeune compagnie Kill Ta Peur est un exercice assez périlleux qui ne laisse pas indifférent.

Amour Amour raconte l’histoire d’un groupe d’individus qui grandit et évolue dans un monde en reconstruction.

Elles sont cinq. Cinq femmes qui émergent d’un cocon à travers une intéressante scénographie de fin du monde.

Une longue scène appuyée par l’envoûtante et lumineuse musique de Pavane pour une infante défunte de Ravel.

La première demi-heure est constituée de déplacements, d’onomatopées et de contorsions. Une ouverture qui fait penser à celle de 2001 : l’Odyssée de l’espace.

Le petit groupe de femmes se familiarise avec son environnement immédiat et la vie. Elles apprennent à se nourrir et découvrent, au fil des expériences vécues, les différents sentiments humains et les valeurs qui deviennent des points de référence.

Les personnages se construisent, apprivoisent la vie en société et se retrouvent face à la peur de l’autre, la différence et l’obtention du pouvoir. Comme quoi, il est difficile de changer ce qu’on pourrait appeler la nature humaine.

Audace

Amour Amour est un spectacle audacieux et très déroutant par moments. On n’est pas du tout dans le théâtre conventionnel. On aime ou on n’aime pas.

La pièce a été construite à la suite d’improvisations entre l’auteur et metteur en scène Gabriel Cloutier Tremblay et les interprètes.

La prémisse est intéressante. Le chemin choisi pour arriver à destination est un peu irrégulier.

Amour Amour gagnerait toutefois à être resserré. Avec une représentation qui atteint presque les deux heures, il y a certaines longueurs. L’histoire évolue très lentement, et on fait du surplace à certains endroits.

Il faut assurément saluer le courage de Kill Ta Peur dans ce projet un peu hors norme.

Lé Aubin, Claude Breton-Potvin, Ariel Charest, Catherine Côté, Miguel Fontaine et Sarah Villeneuve-Desjardins se démarquent avec du jeu très physique sur les planches.

La création de Kill Ta Peur demeure une sorte d’expérience théâtrale pour un public averti, ouvert d’esprit et qui a envie de voir quelque chose de différent.