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Le test de Jean-Talon

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On fait souvent dire aux élections partielles des choses qui n’existent pas vraiment. Celle qui aura lieu dans Jean-Talon le 2 décembre prochain y fait exception, car plusieurs partis s’en font un test.

Jean-Talon, c’est un peu le Outremont de Québec, c’est-à-dire des quartiers bourgeois abritant quelques vieux bleus, jouxtant une importante cité étudiante. La formation politique qui mobilisera sa clientèle l’emportera.

Assurance tranquille

C’est la troisième partielle dans Jean-Talon en douze ans. Le Parti libéral avait utilisé son château fort par excellence à Québec pour y faire atterrir successivement Philippe Couillard, Yves Bolduc et Sébastien Proulx, avant qu’ils n’en déguerpissent au son des sirènes du privé.

La marque est généralement résiliente. Pourtant, en recyclant avec dépit la caricature catastrophique de Gertrude Bourdon, on renforce l’impression que la tortue libérale est encore retournée sur son dos. Or, le PLQ ne peut se permettre de perdre ici.

Les partielles sont souvent difficiles pour le gouvernement, mais rien n’indique que ce sera le cas pour la CAQ. Elle peut montrer qu’elle n’a pas encore atteint son plafond et qu’il lui laisse du terrain à prendre. En revenant avec Joëlle Boutin, candidate également lors des générales, on affiche l’assurance tranquille du parti qui va dans la bonne direction.

Les attentes

Du côté de Québec solidaire aussi, c’est intéressant. Lors d’une partielle, on évite généralement de se mettre le poids des attentes sur les épaules. Sauf qu’un lièvre ne joue pas aux cartes, dit-on au Lac-Saint-Jean. L’establishment du parti souhaite y imposer la candidature de Frédéric Poitras, entrepreneur social fort populaire dans les quartiers centraux, pour séduire les bobos et mobiliser la forte population étudiante du comté.

L’absence du Parti québécois des pronostics, lui qui était encore bon second jusqu’à récemment dans Jean-Talon, illustre son défi de demeurer pertinent.