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Négociations dans la fonction publique: Christian Dubé favorisera la santé et l’éducation

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé
Photo Simon Clark Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé

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Les infirmières et les enseignants demandent des hausses salariales «très importantes», mais ils auront l’oreille de Christian Dubé, qui veut favoriser la santé et l’éducation lors de ses négociations avec les 550 000 employés du secteur public et parapublic.  

«On a toujours dit que la santé et l’éducation – une priorité nationale pour nous – c’est dans ces secteurs qu’on va retrouver les emplois pour lesquels on veut avoir une touche particulière», a indiqué le président du Conseil du trésor mardi à l’entrée du caucus caquiste. Pour la première fois, le gouvernement du Québec ne fera pas d'offre mur-à-mur à ses employés.   

Au matin, la Fédération autonome de l’enseignement a fait état de ses demandes : un rattrapage avec la moyenne canadienne et l’élimination de plusieurs échelons salariaux. Présentement, un enseignant qui commence sa carrière gagne 42 400 $. La FAE demande 56 400 $. Au dernier échelon, le même prof a une rémunération de 82 600 $, la FAE exige 91 900 $. Ils demandent en plus une hausse salariale de 3 % par année.  

La semaine précédente, les infirmières ont demandé une hausse salariale de 21,6% sur trois ans. Selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente les infirmières, cette imposante augmentation se justifie par un rattrapage nécessaire après des années de vaches maigres.  

Pas de mur-à-mur  

«Je trouve que c’est beaucoup », a laissé tomber M. Dubé. «Ces demandes sont très grandes», a-t-il ajouté. Mais il note «qu’il y a des différences importantes entre les centrales». Pour la première fois, le gouvernement du Québec ne négociera pas en «mur-à-mur», et fera des offres distinctes au corps d’emploi.   

Le gouvernement caquiste a déjà indiqué qu’il souhaitait rehausser le salaire des préposés aux bénéficiaires et qu’il voulait abolir les premiers échelons salariaux des enseignants pour améliorer l’attractivité de cette profession.  

«Quand on dit qu’il ne faut pas faire du mur-à-mur, c’est qu’on est conscient qu’en santé et en éducation, il y a des aménagements différents à faire», a-t-il dit.   

Legault dit non au rattrapage  

De son côté, François Legault a opposé une fin de non-recevoir aux demandes syndicales de rattrapage avec l’Ontario. «Les travailleurs québécois gagnent 9 % de moins que les gens en Ontario. [...] Ce ne serait pas équitable», a-t-il dit. Il a déjà indiqué qu’il ne voulait pas offrir plus que l’inflation aux employés du secteur public.  

Ce n’est pas l’avis de la FAE, qui soutient que, sur une carrière de 35 ans, les enseignants québécois perdent 420 000 $ de salaire en étant les moins bien payés au pays. Ils demandent la moyenne canadienne.  

«C’est carrément de l’exploitation», a lancé Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement, lors d’un point de presse à quelques pas de l’Assemblée nationale. M. Mallette estime que si François Legault veut vraiment faire de l’éducation sa priorité, il doit «prendre soin des femmes et des hommes qui font ce travail au quotidien».  

Situation économique favorable  

«Au Québec, la situation économique est formidable. Le gouvernement engrange des surplus année après année. Ça veut dire qu’il le fait en partie sur notre dos, alors qu’on travaille dans des conditions qui ne sont souvent pas faciles», a-t-il ajouté.  

Pour convaincre les Québécois du bien-fondé de leurs revendications, les profs de la FAE ont nolisé un autobus qui ressemble à ceux qu'utilisent les chefs de parti politique lors d’une campagne électorale. Ils feront une tournée des 17 régions administratives du Québec.      

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