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Et si les Oscars s’appelaient les Anna

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« Anna, anna-tu un, Anna ? Oui, Anna anna eu un. »

Voilà à quoi pourrait ressembler une conversation au sujet de la cérémonie des Academy Awards, si les Oscars changeaient de nom pour s’appeler... les Anna.

Oui, oui, vous avez bien lu. La cinéaste italienne Lina Wertmüller (accompagnée d’Isabella Rossellini et de Sophia Loren) a réclamé cette semaine qu’on change le nom de ce bon vieil Oscar pour un nom féminin : Anna.

Sauf qu’Oscar, ce n’est même pas son vrai nom, c’est un surnom qui lui a été donné en 1929 par une employée de l’académie qui trouvait que le trophée ressemblait à son oncle Oscar. Si cette employée avait trouvé que la statuette ressemblait à sa tante moustachue, il y aurait peut-être des trophées Thérèse sur la cheminée de Meryl Streep et Marlon Brando...

C’EST QUOI, TON P’TIT NOM ?

C’est bien connu, tout ce qui est masculin est oppressif, dominant, sale, laid, alors que tout ce qui est féminin est inclusif, progressif, ouvert, tolérant. C’est pour ça que, dans certains cercles, on veut tout féminiser... même des trophées­­­.

Misère ! C’est juste une catin dorée, pas une vraie personne. On s’en tape qu’elle s’appelle Oscar, Spatule ou Cunégonde !

Si les Oscars s’appelaient les Anna, comment décrirait-on un acteur « oscarisé » ? On dirait un acteur « annalisé » ?

Si on faisait l’historique des remises du prix, on parlerait des « annales des Anna » ?

Et si on appliquait au Québec cette idée de féminiser les trophées portant des noms masculins, ça donnerait quoi ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Pour les Jutra (Claude de son prénom), on a déjà réglé la question, on a évacué le nom d’un homme, les prix s’appellent­­­ maintenant les Iris : ça tombe bien, c’est un prénom féminin !

Mais que fait-on avec les Olivier ? Hors de question qu’on remette un prix portant le prénom d’un humoriste masculin (Olivier Guimond), ça pue le boys club à plein nez.

Vite, rebaptisons-les ! Je propose les Rose, en hommage à Rose « La poune » Ouellet. En plus, comme on sait maintenant ouvertement qu’elle était en couple avec une femme, on fait double emploi : on rend hommage aux femmes et à la communauté LGBTQ2+.

MOI, MES TROPHÉES...

Bon, passons maintenant aux Félix... Désolée, Monsieur Leclerc, on ne peut plus donner votre nom à un trophée, vous faites partie d’un groupe privilégié. Dorénavant, on remettra des Mary (du nom de La Bolduc, Mary Travers).

Au gala des Mary 2020, Hubert Lenoir pourra se rentrer un Mary dans l’orifice de son choix... si c’est fait avec le consentement de la statuette en question, bien entendu.

UN TROPHÉE, GENRE

En vérité, je vous le dis, le seul trophée qui n’aurait pas à subir de changement de sexe si on appliquait au Québec les réclamations féministes visant les Oscars, ce serait... les Gémeaux.

Tu parles d’un beau trophée non binaire, toi : deux visages, ni homme ni femme, imbriqués l’un dans l’autre.

C’est le trophée parfait de cette ère progressiste.

Allez, on appelle les organisateurs des Academy Awards et on leur propose : ni Oscar ni Anna, en 2020, remettez donc « La Catin qui n’a pas de sexe ! ».

 

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