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L’indémodable Plume Latraverse

Deux heures de classiques et de chansons moins connues

ENT-Spectacle "Séquelles" de Plume Latraverse
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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Plume n’est plus la saveur du mois. Il n’y a pas de secret ou d’insolence là-dedans. Ce qui n’empêche pas le coloré auteur, compositeur et interprète de remplir ses salles, comme il l’a démontré, mardi, lors de la première de trois soirées au Grand Théâtre de Québec. 

« Mononcle » Plume a un public fidèle et la salle Octave-Crémazie était remplie pour le passage de sa tournée Séquelles?, où il mélange, habilement, les incontournables et les chansons un peu moins connues de son répertoire.  

Accompagné par le Trio Laid, devenu exceptionnellement un quatuor, pour l’occasion, Plume Latraverse laisse toute la place à ses chansons et leurs univers. Un spectacle sans artifice où l’accent est mis sur la musique. 

Plume est entouré par le bassiste Greg Morency et le guitariste Donald Meunier, venu donner un coup de main à Jean-Claude Marsan, incommodé par une fracture d’un doigt. Un pansement de bonne taille recouvrait son majeur gauche. 

Ce qui n’a pas empêché le fidèle complice de Plume de faire des accords et même de déclencher quelques solos. 

C’est en échappant un bâillement que Plume s’est pointé sur les planches de la salle Octave-Crémazie, sous les acclamations d’un public assez diversifié en termes d’âge. 

« Ça va ? » a lancé la vedette de la soirée. 

« Ça va ? » a répondu Jean-Claude Marsan, qui a eu, tout au long de la soirée, un large sourire sur son visage. 

« Il est en train de s’accorder », a ajouté Plume, faisant référence au bassiste Greg Morency, avant d’entreprendre sa prestation avec À tire-larigot, une « nouvelle » qui remonte à 2007. 

Des chansons qui font mouche 

Plume et le Quatuor Laid alignent, sous forme de blocs, avec rythme et sans temps morts, les chansons. Les Marie-Lou, La ballade des caisses de 24, El Nino et La Bienséance font mouche. Tout comme la trop courte portion de Jonquière livrée en fin de prestation. On en aurait pris un peu plus long.  

Les vieilles tounes de Plume sont évidemment celles qui génèrent le plus de réactions.  

« On t’aime », lance un des spectateurs, après Ton enfance nous quitte.  

« Moi, j’aime beaucoup les muets », a répondu Plume, avec la verve qu’on lui connaît et qui a troqué, durant sa prestation, la bière pour une bouteille d’eau. Sauf lors des rappels, avec quelques gorgées d’une « hollandaise ». 

Des spectateurs ont scandé, ici et là, entre les segments, des titres de chansons. L’un d’entre eux réclamant J’ai vendu ma chèvre

« Tant pis pour toi, ciboire », a-t-il répondu, sous les rires de la foule. 

Il demandera des éclairages misérables et même du brun, si ça existe, a-t-il lancé, pour son classique Les Pauvres, superbement livré.  

Tout au long des deux heures du spectacle, incluant un entracte, Plume présente un bel équilibre entre les incontournables et les titres moins connus de son répertoire. Une belle façon de découvrir du matériel un peu plus récent. 

La formule est de type chansonnier avec quelques segments plus électriques, en fin de parcours, avec Les mauvais compagnons, Le roi d’la marchette et Dans la piaule de Louis

Après Niaiseries (Les niaiseuses), de l’opus Hors-Saison, il fait remarquer, avec amusement, qu’il vient de faire une autre chanson pour se faire haïr, après avoir interprété Ainsi Soit-il, qui parle de Jésus, et Piste cyclable, où il en a contre les cyclistes.  

Quelques jours après la consécration du hip-hop et de plusieurs jeunes artistes à l’ADISQ, « mononcle » Plume, contre vents et marées, tient toujours la route.  

► Plume est à nouveau en concert, jeudi soir et vendredi, au Grand Théâtre. Il y reviendra le 9 avril 2020 pour une supplémentaire.