/entertainment/stage
Navigation

Per te. est un hommage à la vie et aux belles folies

Coup d'oeil sur cet article

Avec Per te., Daniele Finzi Pasca a voulu créer un spectacle à l’image de sa conjointe décédée à l’âge de 43 ans. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il y avait énormément de choses dans la tête et l’imaginaire de la cofondatrice du cirque Éloize. 

Julie Hamelin Finzi est décédée le 14 mai 2016 à Lugano en Suisse. Elle combattait, depuis un an, une maladie cardiaque.

À l’affiche au Diamant, à nouveau, jeudi et vendredi, Per te., qui a été créée en octobre 2016, est un spectacle rempli d’imagination, de folie et de poésie. Un spectacle qui célèbre la vie.

Per te. mélange arts du cirque, théâtre, musique, humour et chant. Le spectateur assiste à une sorte de répétition qui se déroule trois mois avant la première du spectacle.

Des techniciens se pointent sur la scène, on essaie des choses et certains comédiens vont s’asseoir dans la salle après leur numéro. 

Fidèle à sa réputation, Daniele Finzi Pasca a créé une œuvre avec de belles images, de la poésie et beaucoup d’inventivité. Tous les tableaux sont visuellement intéressants.

Il met en scène des segments surprenants et parfois étonnants, comme ce numéro d’ouverture où David Menes se lance dans un numéro de roue Cyr, avec une armure de fer.

L’acrobate Evelyne Laforest raconte, par bribe et sans trop aller dans les détails, qui était Julie Hamelin Finzi et ce qui l’habitait.

Un beau voyage

Une série de ventilateurs, judicieusement positionnés, sont à l’origine de plusieurs numéros visuellement réussis.

Ils font virevolter dans les airs, en suspension, des draps, des rideaux, des feuilles mortes, des papillons et de la neige. Ils font même tourner en cercle une série de balles rouges lors d’un numéro de jonglerie.

Tout comme ce numéro d’acrobatie aérienne, où un des artistes saisit, en plein vol, un sac de poubelles qui virevolte dans les airs. 

La Québécoise Evelyne Laforest livre, pour sa part, un numéro tout en émotion, où elle semble personnifier une Julie Hamelin Finzi luttant contre la maladie.

Per te. ne fait pas dans l’immensément spectaculaire, même si certaines performances, comme celle du contorsionniste Félix Salas, génèrent des réactions.

On ne retient pas notre souffle et on ne se retrouve pas sur le bout de notre siège, mais le spectacle opère à un tout autre niveau. Celui de la beauté et de la poésie. La trame sonore épouse parfaitement les différents numéros.

Avec un spectacle qui dépasse les deux heures, incluant un entracte un peu confus, où plusieurs spectateurs ont eu l’impression que c’était terminé, il y a quelques longueurs. L’accent de certains artistes complique parfois la compréhension de certains éléments de l’histoire.

Il y a beaucoup d’évocation dans Per te. Tout n’est pas expliqué et on ne connait peut-être pas plus Julie Hamelin Finzi en quittant le Diamant, mais on a fait un foutu de bon beau voyage.


Per te. affiche complet, mais une quantité limitée de billets sont mis en vente, à partir de midi, aujourd’hui et vendredi, sur place, à la billetterie du Diamant. Il y a une limite de deux billets par personne.