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Renouer avec le Québec francophone

Renouer avec le Québec francophone
Photo Simon Clark

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Le PLQ se cherche après avoir subi une défaite électorale majeure où il s’est vu abandonné par la très vaste majorité francophone. On ne se bouscule pas aux portes pour prendre la relève de Philippe Couillard, pas plus qu’il a été facile de trouver un candidat de prestige dans la circonscription de Jean-Talon pour l’élection partielle. Ce n’est pas le purgatoire, c’est l’enfer pour le plus vieux parti politique québécois.

Le PLQ continue de trainer dans son sillage les allégations de corruption sous le règne de Jean Charest et sa réputation de parti aux collecteurs de fonds sans scrupule. Ce n’est pas sans effet sur ses déboires, mais cela n’avait tout de même pas empêché l’élection du gouvernement Couillard. Le gouvernement Trudeau vient d’être reconduit au pouvoir malgré des accusations de favoritisme et de flagrants manques d’éthique. Il semble que le manque de vertu ne soit pas un obstacle infranchissable pour quérir la faveur de la population. Il faut donc chercher ailleurs la cause de la déconvenue des libéraux du Québec.

L’à-plat-ventrisme du gouvernement Couillard à l’égard du multiculturalisme canadien a coulé la barque des libéraux. Même un Jean Charest issu du sérail conservateur canadien parvenait à manifester plus de nationalisme et à se montrer plus pugnace face à Ottawa. La CAQ a été propulsée au pouvoir avec ce regain de nationalisme qu’ont engendré les libéraux en n’en manifestant pas. Cette désertion des francophones à l’égard de ces derniers devrait avoir un impact sur leurs orientations et leurs décisions s’ils veulent espérer renouer avec ce segment de population. Toutefois, leur comportement récent ne laisse rien entrevoir en ce sens.

Le refus du PLQ de soutenir la motion contre la condamnation à des peines de prison des leaders indépendantistes catalans laissera longtemps un goût amer chez tous les Québécois épris de démocratie. Indépendantiste ou non, il existe au sein de la société québécoise un fort consensus sur le droit à l’autodétermination des nations. En se faisant muet sur le comportement du gouvernement espagnol, les libéraux renient en quelque sorte notre propre droit de décider de notre destin.

Autre cruel dilemme pour le PLQ qui veut se refaire une virginité auprès des francophones, les candidatures annoncées ou anticipées jusqu’à présent sont celles de Dominique Anglade et de Marwah Rizqy, toutes deux nées au Québec et femmes de grande valeur, mais qui ne descendent pas de la souche, diraient certains. On ne peut douter de leur québécitude, mais dans un Québec où s’enflamme le nationalisme assimilé par certains à du racisme, les libéraux risquent d’être confrontés à tort à un problème d’image.

Si nous ajoutons les tribulations du PLQ dans son positionnement sur la laïcité, tant dans l’ère Couillard que dans l’opposition à la CAQ, rien ne semble vouloir les rapprocher des francophones à court terme. En restant sur ces considérations et advenant que la progressiste Marwah Rizqy prenne les commandes, ils ne leur restera plus qu’à se disputer une clientèle électorale avec QS ouvrant ainsi la porte à un long règne du nationalisme qui pourrait éventuellement vouloir s’affranchir.