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Desjardins: le gouvernement Legault n’envisage pas d’autres actions

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Le gouvernement Legault n’envisage pas d’autres actions que celles déjà prévues même si ce sont finalement tous les membres de Desjardins qui ont été victimes de la fuite de données révélée cet été.   

«Il y a seulement une nouvelle information aujourd'hui: c'est que l'ensemble des membres sont touchés», a insisté le ministre des Finances, Éric Girard, après que Desjardins a annoncé que le bilan passait de 2,9 millions à 4,4 millions de membres touchés.     

Lors d’un point de presse tenu en milieu d’après-midi à l’Assemblée nationale, M. Girard a tenté de se faire rassurant en répétant à près de 10 reprises qu’il s’agit de «la seule nouvelle information» dévoilée par souci de «transparence».     

«Je tiens à dire qu'il s'agit toujours du même incident», a-t-il souligné.     

Le ministre des Finances a fait valoir que son gouvernement est déjà «en action» depuis que le vol de données a été mis au jour, en juin dernier.     

En plus de la politique québécoise de cybersécurité sur laquelle travaille son collègue Éric Caire, M. Girard prépare le dépôt, d’ici les Fêtes, d’un projet de loi visant à obliger les agences de crédit à offrir le gel ou verrou de crédit.     

Imposer des amendes?  

Interrogé à savoir si les banques pourraient éventuellement être exposées à des amendes en cas de pareille négligence, M. Girard a indiqué qu’il s’agit d’une possibilité que sa collègue à la Justice, Sonia LeBel, pourra explorer dans le cadre de son projet de loi à venir sur la protection des renseignements personnels.     

«On n'a pas besoin d'amendes pour que les institutions financières assument leurs responsabilités», a toutefois signalé le ministre des Finances.     

«Est-ce que ce serait possible d'avoir des amendes? Oui, a dit M. Girard. [...] C'est une approche qui est très utilisée aux États-Unis. [...] Chaque juridiction a ses pratiques. Et, bien sûr, on regarde l'ensemble des opportunités.»     

Les oppositions sonnent l’alarme  

Les trois partis d'opposition ont saisi la balle au bond en pressant le gouvernement d'aller de l'avant avec leur mandat d'initiative proposé depuis l'été, qui forcerait des institutions comme Desjardins, Capital One et Revenu Québec à venir s'expliquer en commission parlementaire.     

«Ce n’est plus le temps d’attendre», a signalé la députée libérale Lise Thériault, qui s’inquiète des impacts des vols de données sur la cote de crédit, la capacité d’emprunter des consommateurs.«Pour l'excellence de sortie de crise de Desjardins, on repassera, a commenté à son tour le député de Québec solidaire, Vincent Marissal. Ça va faire six mois que l'arme sonne et que le gouvernement l'ignore.»     

«4,2 millions de membres, c’est quasiment la moitié du Québec», a observé le député péquiste Martin Ouellet, en déplorant que la demande des partis d’opposition ait été refusée deux fois plutôt qu'une par le gouvernement.