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Fuite chez Desjardins: «c’est un peu gênant»

Guy Cormier
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS Guy Cormier

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MONTRÉAL – Un expert en cybersécurité juge sévèrement le dernier rebondissement dans l’affaire de la fuite de données personnelles chez Desjardins, qualifiant la situation actuelle de «gênante» pour l’institution financière.

«En gestion de crise, on va généralement dire aux clients que potentiellement toutes les données ont été touchées avant d’arriver à une conclusion. De changer le chiffre à mi-chemin, c’est un peu gênant», a analysé Éric Parent au sujet du nombre de membres touchés, qui est passé vendredi de 2,9 millions de membres à 4,4 millions.

«Il y a tellement d’affaires qui ne marchent pas dans ce dossier. Je peux vous en faire une liste», a-t-il ajouté, mentionnant entre autres le service en ligne de protection d’Equifax, qui ne fonctionnerait pas adéquatement et ne protégerait pas adéquatement les clients.

«Tous les gens à qui je parle me disent qu’ils ne sont pas capables de se brancher. [...] En ce moment, c’est loin d’être un service avec une valeur ajoutée», a précisé Éric Parent.

«Ça va nous donner une alerte après qu’on se soit fait voler notre identité. Dans le contexte d’une brèche aussi grave, ils devraient simplement prendre action pour barrer les comptes de tout le monde», a-t-il suggéré.

L'expert en cybersécurité juge aussi que la protection de cinq ans, «c’est de la merde», puisqu’on peut aisément subir un vol d’identité six ans après une fuite de données.

Il remet aussi en question les mécanismes internes de Desjardins, qui sont selon lui à l’origine de la situation actuelle.

«Ce qu’on ne sait pas aujourd’hui, c’est s’il existe des mécanismes en place dans les autres systèmes informatiques de Desjardins pour savoir s’ils se font voler des données par d’autres personnes», a dit M. Parent.

Et les gouvernements?

Selon Éric Parent, les gouvernements pourraient aussi en faire davantage pour protéger la population relativement à ce genre de brèche dans le futur, précisant qu’«il n’y a pas grand-chose qui est fait présentement» et qu’ils sont «bien en retard».

«Il y a des choses quand même vraiment simples qu’on pourrait faire pour changer le portrait rapidement», a-t-il conclu.