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Les impacts méconnus d’une plainte pour harcèlement au travail

Les impacts méconnus d’une plainte pour harcèlement au travail
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Si le harcèlement psychologique a des conséquences désastreuses sur la personne qui en est réellement victime, le salarié ciblé par une telle plainte peut lui aussi subir des contrecoups importants.

Celui qu’on accuse d’être harceleur s’expose à diverses mesures dommageables pour sa carrière, et ce, avant même qu’un tribunal tranche le sort de la plainte déposée par la présumée victime, et en dépit du fait que les allégations puissent ultimement s’avérer mal fondées.

Refus de poste

Une salariée pour un réseau de transport convoite un poste de technicienne en transport auprès de son ancien département. Or, l’employeur l’avait identifiée, quelques années auparavant, comme étant l’instigatrice d’un conflit interpersonnel majeur avec les membres de cette équipe. Malgré le fait qu’elle respecte toutes les exigences de cet emploi, l’employeur refuse de lui attribuer le poste.

Considérant que cette décision avait pour objectif de respecter son obligation d’offrir un milieu de travail sain, sécuritaire et exempt de harcèlement à ses employés, la Cour supérieure confirme que l’employeur pouvait écarter la candidature de la salariée à titre de mesure préventive.

Déplacement

Une plainte de harcèlement psychologique déposée par une employée au sein d’un CISSS se retourne contre elle. En effet, l’employeur rejette sa plainte et l’accuse plutôt d’être la harceleuse dans cette histoire. Avant même de connaître les résultats de l’enquête de la firme externe qu’il a mandatée, l’employeur décide de la déplacer d’établissement pour éviter les contacts avec sa prétendue victime.

Selon l’arbitre de grief, il importe peu qu’il s’agisse d’une véritable situation de harcèlement psychologique ou d’une simple relation conflictuelle au travail. L’important, c’est que la conduite de la salariée avait des conséquences néfastes sur le climat de travail. Au surplus, elle refusait toutes initiatives de médiation proposées par ses supérieurs pour résoudre ledit conflit. Dans ces circonstances, son déplacement était la seule solution envisageable.

Plainte frivole

À l’inverse, des sanctions peuvent également être infligées à un employé qui prétend faussement être victime de harcèlement. Par exemple, un plongeur au restaurant d’un hôtel Hilton dépose une plainte de harcèlement et de discrimination raciale contre les autres employés de son service.

Après que l’enquête menée par l’employeur eut révélé qu’il s’agissait de fausses déclarations, le travailleur purgera une suspension de trois jours. Cela ne l’empêchera pas de persister, à son retour au travail, à propager des allégations mensongères. À titre d’exemple, du simple fait que sa boîte à lunch avait été déplacée dans le réfrigérateur, il accuse ses collègues de tenter de l’empoisonner...

Le tribunal d’arbitrage confirmera alors son congédiement, surtout que le salarié affirme à l’audience qu’il ne changera pas d’attitude tant et aussi longtemps que les coupables ne seront pas punis.

Conseils

  • Le salarié dispose de deux années à partir de la dernière manifestation de harcèlement psychologique dont il s’estime victime pour déposer une plainte à la CNESST ou, s’il est un employé syndiqué, pour que son syndicat dépose un grief.
  • La personne ciblée comme harceleur peut se voir imposer certaines mesures préventives pour assurer un milieu de travail exempt de harcèlement, même si aucun tribunal ne l’a encore condamnée à ce titre.
  • Les employés accusés faussement pourraient, dans certains cas, intenter une poursuite en diffamation contre le plaignant.