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Il faut épargner pendant 12 ans pour avoir un bon REER à la retraite

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Les aléas de la vie et les nombreuses tentations offertes par notre société de consommation font en sorte que l’on n’est guère incité à épargner tôt pour la retraite. Mais vous pourriez trouver une nouvelle motivation en lisant ceci.

En matière d’épargne, le temps est votre meilleur allié. Et plus on cotise tôt, plus c’est payant ! Jugez-en par vous-même : une personne qui dépose 2500 $ par an dans son REER de l’âge de 21 à 32 ans, c’est-à-dire durant seulement 12 ans, aura accumulé à 65 ans la rondelette somme de 306 000 $, et ce même si elle n’a pas ajouté un dollar supplémentaire d’ici à sa retraite. Ces calculs sont basés sur un taux de rendement de 6 %, puisque plus on est jeune, plus on est susceptible d’opter pour un profil de placement de type croissance ou croissance élevée, autrement dit plus risqué, mais aussi plus payant.

Comparativement, un individu qui cotise 2500 $ annuellement de 32 ans jusqu’à 65 ans, soit pendant 33 ans, n’obtiendra que 276 000 $ au bout du compte. Vous avez été prévoyant et avez cotisé à votre REER 2500 $ par an de l’âge de 21 ans jusqu’à 65 ans ? Dans ce cas, vous pourrez compter sur une somme de 564 000 $ à la retraite.

Éducation financière

Selon Yves Gratton, conseiller en sécurité financière, si la population était consciente de cette réalité, elle serait probablement encline à économiser plus tôt dans sa vie. « Il y a un manque flagrant en matière d’éducation financière. À mon avis, on devrait donner des cours dans ce domaine au dernier cycle du primaire ou tôt au secondaire. En une seule génération, les Québécois deviendraient plus riches ! », assure-t-il.

Il précise qu’une personne relativement jeune qui ne gagne pas encore un salaire très élevé aurait sans doute intérêt à placer ses économies dans un CELI. « Libre d’impôt, cet outil est intéressant lorsqu’on gagne moins de 45 000 $ brut. Au-delà, le REER est à privilégier, car il réduit les revenus imposables et de ce fait le remboursement d’impôt est plus avantageux. C’est encore plus vrai lorsqu’on a des enfants, puisque la réduction des revenus imposables permet d’augmenter les allocations et prestations familiales auxquelles on a droit », explique M. Gratton.

Le barbier riche

Mais placer 2500 $ par an dès la vingtaine, est-ce réaliste ? En effet, aujourd’hui, on arrive bien souvent sur le marché du travail plus tardivement, car on fait de plus longues études qu’autrefois. Dans ces conditions, les revenus seront probablement moins élevés pendant les jeunes années, le temps que l’on puisse commencer à récolter les fruits des diplômes obtenus.

Aux sceptiques, Yves Gratton tient à rappeler le fameux principe du « barbier riche ». « L’idée est tirée d’un ouvrage écrit par le conseiller financier David Chilton. L’un de ses clients, un barbier, avait réussi à devenir indépendant financièrement dès la cinquantaine, alors qu’il n’avait que de modestes revenus. Il lui a demandé quel était son secret, et c’est notamment ce qu’il explique dans son ouvrage », dit-il. La recette est simple : chaque fois que ce barbier gagnait 100 $, il en mettait 10 $ de côté – soit 10 % – et vivait avec seulement 90 $. Une personne qui reçoit un salaire de 30 000 $ brut, soit approximativement 25 000 $ net, pourrait donc atteindre l’objectif de 2500 $ par an en épargnant 10 % de son revenu.

« Il n’est pas question de s’empêcher de vivre. Avoir des projets c’est important, mais il faut faire les bons choix. On doit aussi réfléchir à court, moyen et long terme, et avoir un plan de match pour ces trois horizons différents », recommande Yves Gratton.

Conseils

  • La meilleure façon d’économiser sans s’en rendre compte ? Les virements automatiques à partir de votre compte bancaire. On peut les planifier à chaque paye, par exemple, une excellente façon de faire comme si cet argent n’était jamais entré dans vos poches.
  • Un bon truc : si vous recevez une augmentation de salaire, mettez systématiquement ce montant de côté. Après tout, vous viviez sans cet argent jusqu’ici, non ?
  • Économiser pour la retraite et les projets à long terme n’est pas tout. Il faut aussi prévoir un fonds d’urgence – de deux à trois mois de salaire – pour pallier les imprévus.