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Paryse Martin: des œuvres très personnelles

La pionnière Paryse Martin expose en solo à la Galerie 3

Paryse Martin a consacré énormément de temps à enrouler des languettes de carton pour créer cette œuvre.
Photo Stevens Leblanc Paryse Martin a consacré énormément de temps à enrouler des languettes de carton pour créer cette œuvre.

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Des tableaux chaotiques «encore tout chauds», des sculptures fantaisistes, des dessins ludiques : la quarantaine d’œuvres récentes de Paryse Martin qui forment l’exposition Limbes et renversements reflètent sa créativité sans bornes, ses techniques poussées à l’extrême, mais surtout, ses expériences humaines.

Connue, entre autres, pour ses phallus controversés qui ont été exposés au Musée national des beaux-arts, l’enseignante en arts visuels de l’Université Laval expose en solo à la Galerie 3 jusqu’au 17 novembre.

Comme elle le fait depuis plus de 30 ans, l’artiste s’amuse encore à brouiller les codes et à créer des œuvres aux mille discours possibles.

Autant ses sculptures d’oiseaux à 18 pattes, inspirés d’un univers surréaliste, ont été conçues avec une technique fort complexe, autant la figure de proue du milieu des arts a construit des œuvres avec de simples bouts de carton ondulé, qu’elle a enroulés, et qui forment des sculptures de chien, de bateau ou d’habitat d’animaux.

Le bronze Limbe 2, pour lequel les mains de ses neveux et de sa sœur ont été moulées.
Photo Stevens Leblanc
Le bronze Limbe 2, pour lequel les mains de ses neveux et de sa sœur ont été moulées.

Expérience humaine

La richesse de ces œuvres en carton, qu’on peut observer à l’infini, se trouve dans tout le temps qu’elle leur a consacré, mais aussi dans l’expérience humaine que lui a procurée le processus de création.

«Si on calcule le temps qu’on a mis là-dedans, ça n’a pas de sens. Il y a un lien direct avec le travail que les femmes ont fait dans notre histoire, ce temps qu’on a donné pour la beauté, pour magnifier les choses», soutient l’artiste féministe.

Paryse Martin n’a pas travaillé seule ces œuvres de carton, qui abordent les thèmes de l’environnement et de la récupération. Elle a invité des étudiants, des amis proches, des membres de sa famille à participer. Elle compare l’activité avec le travail que faisaient les femmes autrefois lorsqu’elles confectionnaient, ensemble, des courtepointes. «On fait ça en placotant d’art, de musique, de philosophie», dit-elle.

À l’autre extrémité, on trouve, tout en contraste, des œuvres de bronze particulièrement complexes, créées avec la collaboration et «le courage» de la Fonderie d’Art d’Inverness, qui l’aide à atteindre des sommets en recherche technique.

Les sculptures de Paryse Martin reflètent aussi ses inspirations environnementales.
Photo Stevens Leblanc
Les sculptures de Paryse Martin reflètent aussi ses inspirations environnementales.

L’importance de la famille

Le féminisme, l’environnement, la science, l’écoanxiété font partie des thèmes chers à Paryse Martin, qu’elle exploite visiblement encore de manière foisonnante.

La famille est aussi omniprésente, autant dans les dessins aux sujets insaisissables, que dans ses sculptures. Elle a d’ailleurs moulé les mains de sa sœur et de ses deux jeunes neveux, Ulysse et Clovis. «Ils font partie de ma vie. Ma sœur est très importante pour moi. Elle est horticultrice, elle me ramasse des végétaux. En fait, c’est comme des cocréations.»

Ce qu’elle aime particulièrement est de mettre les enfants devant son travail et de leur demander de raconter une histoire. «Ils sont les meilleurs conteurs de mon travail. Eux, ils sont libres, on ne leur a pas dit quoi penser dans la vie et ils sont prêts à me raconter toutes les histoires possibles.»


► La Galerie 3 est située au 247, rue Saint-Vallier.