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Récupération des électroménagers: vers un «monopole privé» pour une entreprise de Bécancour?

Reprise  de l'ancien électroménager
Photo Adobe Stock

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En finançant la récupération des gros électroménagers, le gouvernement Legault serait en voie de donner un «monopole privé» à l’entreprise spécialisée PureSphera de Bécancour, a indiqué lundi le directeur du service de recherche de l’Agence QMI, Jean-François Gibeault, qui a dit trouver la situation «préoccupante».

«Le gouvernement se trouve à donner un monopole privé pour une durée d’au moins 10 ans. On parle de 90 millions $ de fonds publics qui vont aller à une seule entreprise qui a acquis la licence d’exclusivité pour cette technologie-là, qui permet de retirer les gaz de la mousse isolante de nos vieux frigos», a expliqué l’expert en finances publiques.

Pourtant, Jean-François Gibeault a soutenu au micro d’Antoine Robitaille, à QUB radio, que des alternatives pour la récupération de la mousse isolante des électroménagers existaient. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Jean-François Gibeault à QUB radio: 

Il serait notamment possible de retirer la mousse des réfrigérateurs et de l’envoyer à d’autres entreprises, qui seraient à ce moment en mesure de la récupérer.

«Ce n’est pas la seule façon de faire. Donc, il n’y avait pas l’obligation de créer un monopole privé», a-t-il noté.

Des questionnements de François Bonnardel... en 2009

Par ailleurs, Jean-François Gibeault a également rappelé que l’actuel ministre des Transports, François Bonnardel, avait déjà énoncé en 2009 certains doutes à l’endroit de l’actuel chef de la direction de PureSphera, Jean Shoiry.

L’ancien adéquiste avait soulevé à l’époque que M. Shoiry œuvrait à la fois sur le conseil d’administration du Fonds d'intervention économique régional (FIER) de sa région, de même que sur celui d’entreprises bénéficiant de ces investissements gouvernementaux.

«Ce que [François] Bonnardel reprochait à M. Shoiry, c’était de se servir d’un FIER, qui est financé aux deux tiers par des fonds publics, pour investir de l’argent dans des compagnies pour lesquelles il était déjà actionnaire. [...] Il demandait des enquêtes à ce sujet-là», a précisé le directeur du service de recherche de l’Agence QMI.

Le chroniqueur à l’émission «Là-haut sur la colline» a d’ailleurs tenté de savoir si Investissement Québec ou le ministère de l’Économie avaient déjà réalisé de telles enquêtes, mais n’a pas été en mesure d’obtenir des réponses de la part de la société d’État ou du gouvernement.

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