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Le gouvernement Legault dit non au dézonage

Nouveau revers de la Ville pour les terres des Sœurs de la Charité

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les terres des Sœurs de la Charité, photographiées mardi, sont situées dans l’arrondissement Beauport, à Québec, à l’ouest de l’avenue du Bourg-Royal, au nord de la rue Rhéaume et au sud du boulevard Louis-XIV.

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Le gouvernement Legault a refusé une nouvelle fois, mardi, la demande de la Ville de Québec qui veut développer les terres agricoles des Sœurs de la Charité, à Beauport.

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a confirmé le rejet de la plus récente version du Schéma d’aménagement et de développement (SAD) de l’agglomération de Québec.

Il s’agit d’un deuxième revers en un an pour l’administration Labeaume qui peine à obtenir le feu vert recherché afin d’élargir son périmètre urbain.

« Au niveau des terres des Sœurs de la Charité, on n’a pas accepté le Schéma d’aménagement [...] Pour l’instant, il y avait trop d’empiétement sur la zone agricole. On est en 2019, c’est essentiel pour notre gouvernement », a annoncé la ministre lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

Mme Laforest dit avoir collaboré avec son collègue à l’Agriculture, André Lamontagne, avant de trancher. Il ne s’agit toutefois pas d’un non ferme et définitif puisqu’elle semble ouverte à reprendre les discussions avec le maire de la capitale qui préside aussi l’agglomération. Ce dernier pourrait donc présenter une nouvelle demande révisée au ministère dans les prochains mois, dans l’espoir d’un résultat différent.

« On va avoir des discussions dans les prochains jours et on va continuer à travailler ensemble, ce n’est pas un problème de travailler avec Québec, ça se passe très bien, mais il faut avoir un respect pour les terres agricoles », a toutefois prévenu la ministre.

Depuis 2014, la Ville de Québec projette la construction de 6500 unités d’habitation sur ces immenses terres de 200 hectares. Elles avaient été cédées par les Sœurs de la Charité à la Fondation famille Jules-Dallaire qui s’était alors engagée à verser tous les profits de leur développement à des œuvres caritatives.

Labeaume n’abandonnera pas

Lundi, avant que la décision soit rendue publique, le maire de Québec avait affirmé qu’il n’avait pas du tout l’intention de renoncer au développement des terres beauportoises, quelle que soit la décision du ministère. Ce n’est donc qu’une question de temps avant qu’il revienne à la charge.

« On a toujours ce projet-là et on voudrait le tricoter avec ceux qui sont impliqués dans le développement durable. Que la décision soit oui ou non, ça ne change rien à nos projets et si on vient à bout de créer le projet exceptionnel qu’on cherche, on ira publiquement, puis on ira en discuter avec la population », avait-il déclaré. Le maire avait néanmoins reconnu qu’il aurait aimé « aller plus vite », déplorant les « embûches ».

S’il obtient, un jour, le feu vert du ministère, rappelons que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) aura toujours le dernier mot quant au dézonage de ces terres.

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

D’autres réactions à l’annonce

« Selon moi, c’est le gros bon sens qui a prévalu. Je suis assez content de voir qu’en 2019, on prend des décisions pour limiter l’étalement urbain. C’est une nouvelle manche gagnée et on va espérer que la Ville de Québec prenne acte de ça. »

— Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville

« On était plusieurs à dire haut et fort qu’il y avait suffisamment d’espace dans le périmètre urbain actuel pour loger tous les ménages prévus. Je trouve que la ministre a pris une décision courageuse. C’est une bonne nouvelle ! »

— Monique Gagnon, porte-parole de Voix citoyenne