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Allégation de viol: Rozon renonce à son enquête préliminaire

Il s’agit d’un choix stratégique, selon des experts

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 Gilbert Rozon a renoncé à son enquête préliminaire pour viol, mercredi, pour aller directement en procès, ce qui pourrait s’avérer être un choix stratégique, croient des experts.  

 

 «Le fait de sauter cette étape permet à la défense de ne pas déballer ses cartes et de créer un effet de surprise au procès», explique la juge retraitée Nicole Gibeault.  

 

 Normalement, l’ex-magnat de l’humour accusé de viol et d’attentat à la pudeur sur une femme, en 1980 à Saint-Sauveur, devait revenir à la cour la semaine prochaine pour subir son enquête préliminaire.  

 

 Pour de nombreux accusés, dont l’animateur déchu Éric Salvail accusé d’agression sexuelle, cette étape a permis de tester la preuve de la Couronne.  

 

 Mais à la surprise générale mercredi, Rozon a annoncé vouloir sauter cette étape.  

 

 «C’est un choix stratégique, c’est certain», a commenté la juge retraitée Gibeault, qui croit que la défense souhaite ainsi «se garder des munitions» pour le procès.  

 

 Double tranchant  

 

 Le criminaliste Michael Morena rappelle de son côté qu’une enquête préliminaire, si elle peut être avantageuse pour la défense, reste un couteau à double tranchant, puisque cela permet aux témoins d’avoir une idée de ce à quoi ressemblera le procès.  

 

 «De façon générale, les questions de la défense permettent de voir les éléments qu’elle compte exploiter», ajoute-t-il.  

 

 Jusqu’à maintenant, l’accusé de 65 ans réclamait un procès devant jury.  

 

 Cela facilitait ainsi la tenue d’une enquête préliminaire, souvent utilisée afin de tester la solidité de la preuve.  

 

 Or, Rozon a laissé entendre mercredi qu’il pourrait demander d’être jugé devant un juge seul.  

 

 «D’ici au 2 décembre [la prochaine date d’audience], nous serons en mesure d’annoncer [si Rozon change d’avis]», a fait savoir le criminaliste Pierre Poupart, au palais de justice de Montréal.  

 

 En plus de ces accusations, Rozon fait également face à une action collective de plus de 10 millions de dollars, intentée par le collectif Les Courageuses, qui l’accuse d’être un «prédateur sexuel».