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Daisy Theatre: un cabaret follement déjanté au Diamant

Le Daisy Theatre est coloré, savoureux, déjanté et divertissant

Daisy Theatre: un cabaret follement déjanté au Diamant
Photo courtoisie Alejandro Santiago

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Parmi les propositions artistiques présentées au Diamant, depuis son ouverture, le spectacle de marionnettes Daisy Theatre s’avère être la plus intrigante. Et avec raison, l’objet théâtral est fou, savoureux et déjanté. 

À l’affiche jusqu’à samedi, le Daisy Theatre n’est pas un spectacle pour enfants. La proposition de Ronnie Burkett s’adresse aux 16 ans et plus et elle est présentée en anglais. 

Daisy Theatre: un cabaret follement déjanté au Diamant
Photo courtoisie Alejandro Santiago

Le spectacle évolue et se transforme au fil des représentations et il est impossible, pour ces raisons, de le présenter avec des surtitres. 

Le Daisy Theatre est très différent de ce que l’on peut voir habituellement. L’objet théâtral est d’abord et avant tout une performance remarquable et époustouflante de Ronnie Burkett. 

Une performance solo où l’artiste originaire de Lethbridge en Alberta manipule et prête sa voix à une panoplie de personnages uniques, déjantés et irrévérencieux. 

Daisy Theatre: un cabaret follement déjanté au Diamant
Photo courtoisie Alejandro Santiago

Il pige, lors de chaque représentation, dans une galerie d’une quarantaine de marionnettes. Il les manipule, leur donne vie, fait les voix, avec toutes sortes d’intonations, et les fait chanter. Burkett, du haut de son castelet érigé au centre de la scène, est totalement habité par ce qu’il fait. 

Il manipule, parfois, deux marionnettes en même temps avec des voix qui sont différentes. 

Durant deux heures, mercredi, lors de la première de quatre représentations, l’effeuilleuse Dolly Wiggler, la chanteuse jazz Randy Rivers, la diva à l’égo surdimensionné Esme Massengil, le ventriloque vieillissant Meyer Lemon et sa «marionnette» Woodie et la fée chérie Schnitzel défilent sur la scène du Daisy Theater. On a même vu Jésus s’y pointer. 

Un Jésus qui raconte qu’un prêtre, qui était dans la salle, a quitté la salle en plein spectacle. 

Daisy Theatre: un cabaret follement déjanté au Diamant
Photo courtoisie Alejandro Santiago

«Il a constaté que c’était un spectacle où les moins de 16 ans n’étaient pas admis», a lancé Jésus, dans un numéro d’humoriste. Un Jésus qui déteste la fête de Pâques. 

Des personnages qui amènent diverses émotions. 

On a même droit en fin de parcours à un orchestre au grand complet qui s’anime dans une fosse d’orchestre. 

Ronnie Burkett adapte, avec des références, chacun de ses spectacles à la ville où il se produit. Mercredi, il a parlé de politique, du Diamant, de Robert Lepage et de Saint-Louis-du-Ha! Ha! 

«Vous êtes pas mal plus sexy qu’en Ontario», a lancé Burkett, lors de la portion introductive. 

Il invite même des gens du public à monter sur scène lors de certains numéros. 

Le Daisy Theater est une belle folie. Il faut toutefois une bonne connaissance de l’anglais qui permet d’apprécier pleinement toutes les subtilités du spectacle. Les personnages parlent beaucoup et ça va vite.  

Il y a du rythme et beaucoup de dynamisme. Seul le passage, un peu trop long, de la veuve Edna Rural, a amené un petit passage à vide. Il faut dire que cette ménagère albertaine n’est peut-être pas aussi spectaculaire, forte et colorée que les autres personnages qui l’ont précédée sur les planches. 

Avec le Daisy Theatre, le Diamant présente une œuvre qu’on n’aurait peut-être jamais vue à Québec. Il s’agissait d’une première visite pour l’artiste de 62 ans. Une œuvre qu’on a tenté, le printemps dernier, d’amener lors du Carrefour international de théâtre. 

C’est original, divertissant, unique et mené de main de maître par l’énergie de Ronnie Burkett.