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Exploitation sexuelle des mineurs: Lafrenière ne veut pas d’un rapport tabletté

Les victimes de la prostitution juvénile ne doivent pas tomber dans l’oubli

Onze des treize élus membres de la commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Cette dernière a mis fin à sa première ronde de consultations, jeudi, après quatre jours d'audiences à l'Assemblée nationale.
Photo Dominique Lelièvre Onze des treize élus membres de la commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Cette dernière a mis fin à sa première ronde de consultations, jeudi, après quatre jours d'audiences à l'Assemblée nationale.

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S’il ne veut pas avancer des recommandations précises pour le moment, le président de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs est certain d’une chose: il ne veut pas d’un rapport tabletté.

«Il ne faut pas, il ne faut pas, [sinon], moi, j’aurai perdu une grande partie de ma vie là-dessus», s’exclame Ian Lafrenière, qui présidait pour la première fois, cette semaine, ce genre d’exercice.

«Comme policier, j’ai rencontré beaucoup de victimes, beaucoup de parents de victimes aussi, puis j’avais fait la promesse de ne jamais les oublier. Aujourd’hui, dans cette commission-là, je me rends compte qu’on ne les a pas oubliées», affirme en entrevue l’ex-policier à Montréal devenu député.

Protéger la jeunesse

La commission spéciale a conclu ses consultations à Québec, jeudi. Jusqu’à maintenant, les treize élus qui en sont membres ont entendu 28 groupes et personnes, dont l'une est survivante de la prostitution, durant quatre journées d’audiences.

M. Lafrenière se dit sûr que ces travaux contribueront ultimement à protéger la jeunesse québécoise. Cependant, il indique qu’il serait prématuré de prendre des engagements spécifiques à ce stade. Déjà, la porte est ouverte à une réforme de la Loi sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels, qui ne reconnaît pas les crimes liés à l’exploitation sexuelle à l’heure actuelle.

Durant les consultations particulières, des intervenants ont fait valoir qu’il serait opportun de mettre en place une stratégie nationale de lutte à l’exploitation sexuelle des mineurs, voire de dédier un fonds spécial pour soutenir les victimes.


Première étape

Il a été question de plusieurs initiatives mises en place par les services policiers, mais aussi d’un manque d’enquêteurs et même d’expertise en dehors des centres urbains. La justice est mal adaptée à la réalité des victimes et le milieu communautaire est sous-financé, ont fait valoir des invités de la commission.

«On a déjà une première étape de fait pour la guérison: en parler», soutient Ian Lafrenière, qui se dit par ailleurs encouragé par le fait que les élus autour de la table adhèrent tous à une approche collégiale et non partisane.

«Juste ça, ça envoie tout un message aux citoyens», estime-t-il. La commission spéciale se déplacera cet hiver à Montréal et à Val-d'Or. Son rapport est attendu à l’automne 2020.