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Fort Ingall: forteresse méconnue pour une guerre oubliée

Ce figurant sort de l’édifice du corps de garde.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Ce figurant sort de l’édifice du corps de garde.

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TÉMISCOUATA, Québec | Si je vous parle du fort Ingall, vous entendez sans doute un bruit de grillon. Si je vous parle de la guerre d’Aroostook, vous froncez les sourcils. Car, voyez-vous, on ne se souvient pas facilement des guerres qui ne font pas de mort !

Il y a aussi le fait que les événements qui ont mené à la guerre d’Aroostook se sont déroulés en 1839 et 1842, juste après l’écrasement des Patriotes, pendant la visite de Lord Durham qui préconisait notre disparition et l’union des deux Canada pour nous « minoriser ». Bref, nous avions autre chose en tête !

Avant de commencer la visite, ce jeune homme, étudiant en histoire à l’Université Laval, nous raconte les événements à l’origine du fort.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Avant de commencer la visite, ce jeune homme, étudiant en histoire à l’Université Laval, nous raconte les événements à l’origine du fort.

Un imbroglio diplomatique a provoqué le conflit. Lors du traité de Versailles qui consacrait l’indépendance des États-Unis, la frontière du Maine était mal définie, une zone était revendiquée à la fois par les États-Unis et par la Couronne britannique. Des bûcherons canadiens-français peuplaient cette région forestière. La Couronne percevait des impôts auprès d’eux. Lorsqu’un percepteur d’impôt américain est venu les trouver pour réclamer aussi des taxes au nom du Maine, la population s’est fâchée, on peut le comprendre, et a mis l’agent importun en prison ! Résultat : la guerre. Des milliers de soldats américains se sont retrouvés à la frontière ! La Grande-Bretagne n’a pas pris la chose à la légère et a fait érigé quatre forts près du lac aujourd’hui appelé Témiscouata, dont l’un se nomme Ingall, du nom de l’officier qui présidait à son édification.

Le parc national du Lac-Témiscouata englobe le fort.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Le parc national du Lac-Témiscouata englobe le fort.

On a oublié la guerre d’Aroostook parce que les soldats se sont fait face sans échanger un seul coup de feu. Les diplomates ont fait leur travail et conclu une entente pour tracer, précisément cette fois, la frontière. Rapidement, le fort a perdu sa fonction militaire. Une famille y a vécu par la suite, dit-on. Puis, les lieux sont tombés en ruines. Redécouverts dans les années 1960, les édifices ont été reconstruits à l’identique en 1972. Comme quoi histoire et tourisme font souvent bon ménage.