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Maxim Martin: meilleur conteur que critique social

Maxim Martin revient sur scène avec un cinquième spectacle

Premiere du spectacle FUCKOFF de Maxim Martin, Imparial, Quebec, 7 novembre 2019. PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI
Photo Pascal Huot Maxim Martin a exploité ses talents de conteur pour offrir un spectacle honnête, mais qui manque légèrement de consistance.

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Dans un numéro où il se questionne sur la masculinité, Maxim Martin avoue qu’à la préhistoire, il aurait sans doute été un meilleur cueilleur qu’un chasseur. Mais jeudi soir, à l’Impérial, il n’était qu’une chose: un sacré bon conteur, qui n’aurait dû s’en tenir qu’à cette tâche.

Parce que Maxim Martin est bien meilleur en conteur qu’en critique social. C’est le constat qu’on porte au terme de son cinquième spectacle, intitulé Fuck off, dont la première avait lieu jeudi à Québec.

Le titre laissait présager un certain lâcher-prise. Mais Maxim Martin s’est-il déjà vraiment empêché de dire quoi que ce soit au cours de ses 30 ans de carrière? Ça fait déjà trois décennies qu’il teste les limites de son public.

Alors que son précédent spectacle, Enfin, levait le voile sur son histoire personnelle rock’n’roll, Maxim Martin devient dans Fuck off un critique social qui manque de finesse et d’originalité.

La première partie du spectacle s’avère plutôt inégale. Le vétéran, qui nous invite à faire un doigt d’honneur au politiquement correct, explique pourquoi aujourd’hui, on ne peut plus dire les mots «fif» ni «moumoune».

Puis, sans trop savoir pourquoi, il évoque la période où il a arrêté de fumer, et le temps d’écrire une ligne, on se rend compte qu’il est dans une tirade contre les réseaux sociaux. En plus de se perdre entre les sujets, on a de la difficulté à cerner le message.

Bon vieux conteur

Avec autodérision, il se questionne ensuite sur la masculinité. C’est quand il se met à raconter des anecdotes personnelles qu’on reconnaît le conteur hors pair qu’on aime.

C’est ainsi qu’il a parlé de ses crèmes hydratantes, de son incompétence en mécanique, avant de faire le récit très drôle de son voyage en Europe, sa rencontre avec des cygnes dans le Danube et son massage thaïlandais en Hongrie. Il a évoqué son fils de dix ans, dont on a appris l’existence récemment, avant de raconter sa virée à la quincaillerie, lui qui n’est pas manuel pour deux sous. C’est avec ces anecdotes cocasses qu’il réussit enfin à nous faire rigoler et à réellement capter notre attention.

Les projets avec sa fille Livia sont l’occasion de poser son regard sur les différentes générations, avec un jeu des comparaisons plutôt réussi.

Étiqueté comme humoriste vulgaire depuis ses débuts, Maxim Martin nous réservait le segment le plus cru pour la fin, avec un numéro hilarant sur la pornographie et le sexe, nous mettant en tête, bien sûr, un lot d’images provocatrices.

Arrivé à un cinquième one-man-show, on a une impression de déjà-vu avec Fuck off, un spectacle qui manque de consistance et d’un réel fil conducteur. Maxim Martin ne peut nous vendre l’idée qu’il s’accorde une liberté de parole, c’est ce qu’il fait déjà depuis 30 ans. Mais ses fans de la première heure passeront néanmoins quelques bons moments.