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Charlesbourg: un sursis gouvernemental de 30 jours pour une résidence bicentenaire

L’édifice bicentenaire est menacé de démolition

Charlesbourg: un sursis gouvernemental de 30 jours pour une résidence bicentenaire
Photo d'archives, BaNQ

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La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a accordé vendredi un sursis de 30 jours à la maison Jobin-Bédard, une résidence bicentenaire de Charlesbourg menacée de démolition.

« J’ai signifié une ordonnance, en vertu de l’article 76 de la Loi sur le patrimoine culturel, au propriétaire de la maison Jobin-Bédard, située dans l’arrondissement de Charlesbourg, à Québec, afin d’empêcher sa démolition, et ce pour les trente prochains jours », a fait savoir Mme Roy dans une déclaration envoyée vendredi aux médias.

Ce délai de 30 jours « permettra au ministère d’analyser la valeur patrimoniale de l’immeuble et de faire des recommandations à la ministre en fonction des conclusions de cette analyse », explique-t-on. Durant ce laps de temps, le propriétaire actuel — Construction CRD — n’aura donc pas le droit de démolir.

Selon Mme Roy, « ce geste fort démontre la ferme volonté de notre gouvernement de déployer tous les efforts afin de sauvegarder un patrimoine qui est garant de notre mémoire collective. »

Contacté par Le Journal, le président de la Société d’histoire de Charlesbourg (SHC), Marc-André Bluteau, s’est dit « content » et « soulagé » de la décision ministérielle. « On va avoir une expertise indépendante et des éléments d’information clairs, s’est-il félicité. Selon nos informations, la maison n’est pas si délabrée. Avant de démolir un tel témoin de l’Histoire, il faut y réfléchir à deux fois. »

Vendredi, Construction CRD n’a pas rappelé Le Journal, tandis que la Ville de Québec n’a pas voulu émettre davantage de commentaires.

Ancienneté et architecture

Jeudi, la SHC demandait déjà que la maison Jobin-Bédard, construite entre 1770 et 1826, soit protégée à cause notamment de son ancienneté et de son architecture.

Pourtant, la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) a délivré, le 4 octobre dernier, un permis de démolition.

Les experts avaient conclu que la résidence se trouvait dans un état de « dégradation avancée » (champignons, moisissures dangereuses et infiltrations d’eau importantes...) et qu’il aurait été « déraisonnable d’obliger le propriétaire à faire une restauration qui aurait été très coûteuse ».