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Collusion et corruption: l’ancien patron de Genivar admet sa culpabilité

Collusion et corruption: l’ancien patron de Genivar admet sa culpabilité
Photo courtoisie

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MONTRÉAL – L’ancien patron de Genivar, firme de génie-conseil actrice de la collusion et de la corruption en lien avec un système de partage des contrats à Montréal, entre 2003 et 2010, a admis sa culpabilité vendredi devant le syndic de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Pierre Shoiry, ingénieur depuis 1992, risque de devoir payer une amende de 75 000 $ et renonce à vie à sa licence d’ingénieur. Les parties ont convenu de la sanction. Le conseil de discipline devra éventuellement statuer s’il accepte ou rejette cette recommandation. La sanction est de nature à assurer la protection du public.

Me Marie-France Perras, avocate à l’Ordre des ingénieurs du Québec, a souligné qu’il s’agissait de la première fois qu’on voit un président d’une firme de génie-conseil admettre sa culpabilité par rapport à des règles qui auraient dû être en place pour éviter que des actes dérogatoires soient commis dans l’exercice de ses fonctions.

La preuve à l’égard de M. Shoiry contenait plus de 10 000 pages de transcription et de documents.

L’ex-PDG de Genivar était visé par deux plaintes disciplinaires. Entre 2003 et 2010, dans le cadre de ses fonctions, Pierre Shoiry n’a pas agi adéquatement pour surveiller les directives internes en matière d’appel d’offres pour éliminer des manœuvres malhonnêtes et douteuses au sein de la firme dans le partage de contrats, causant ainsi un acte dérogatoire à la profession.

L’autre plainte fait état de la même époque. Encore là, M. Shoiry n’a pas mis en place les mesures nécessaires pour surveiller l’application adéquate des directives internes au niveau du financement en échange d’avantages et de ristournes visant à obtenir des contrats, causant un acte dérogatoire à sa profession.

«Je connais les chefs de la plainte. Je reconnais ma culpabilité, je le fais volontairement et librement», a brièvement commenté Pierre Shoiry.

«Pierre Shoiry n’est pas accusé d’avoir pris part directement à ce système de partage de contrats. On lui reproche plutôt de ne pas avoir mis en place les règles internes pour prévenir ce type de gestes», a tenu à préciser son avocat, Charles Côté.

M. Shoiry assume personnellement les faits reprochés et assume pleinement les conséquences, a ajouté le juriste.

Pierre Shoiry occupe aujourd’hui les fonctions de vice-président du conseil d’administration de WSP Global, la nouvelle dénomination de Genivar.