/sports/others
Navigation

Dans l’univers sauvage du Piz Badile

La suite du périple de l’alpiniste Terminé l’a amené au cœur des Alpes suisses

thivierge
Photo courtoisie Certaines portions de l’escalade ont procuré plus de difficultés, dans des sections au relief vertigineux.

Coup d'oeil sur cet article

En dressant sa liste de montagnes à braver pour son audacieux projet de 55 montagnes en 55 mois, l’alpiniste François-Guy Thivierge voulait s’assurer d’attaquer des endroits plus isolés, moins prisés des masses. Le deuxième sommet qu’il a rejoint, celui du Piz Badile, dans les Alpes suisses, correspond à cet idéal.

Après avoir procédé avec succès à l’ascension du mont Aiguille, en France, c’est en Suisse que l’infatigable grimpeur s’est dirigé, en compagnie de ses compères Jean-François Girard et Serge Angellucci.

Au cœur de cette région montagneuse, c’est dans le minuscule village de Bondo que l’équipage a jeté l’ancre. Les lieux pittoresques abritant à peine 200 âmes ont souvent été la proie d’éboulements.

Même qu’il y a deux ans, une masse rocheuse de quatre millions de mètres cubes s’est détachée de la paroi nord du Piz Badile pour former des coulées composées de boue, de roches et de glace, qui ont sérieusement endommagé le village. Huit randonneurs avaient également été portés disparus.

C’est justement cette même paroi, à cheval entre la Suisse et l’Italie, que Thivierge et sa bande ont investie, pendant trois jours.

Le sommet à plus de 3300 mètres d’altitude du Piz Badile se dresse dans le ciel.
Photo courtoisie
Le sommet à plus de 3300 mètres d’altitude du Piz Badile se dresse dans le ciel.

« Avec le risque d’éboulis très présent, c’est comme si au départ on marchait sur des œufs. Une fois au sommet, c’est un pic rocheux très pointu et il ne faut surtout pas qu’un orage frappe. Finalement, tout s’est bien passé, la nature a collaboré », a souri l’alpiniste de renom.

Longue ascension

Lors de l’ascension de 1000 mètres, François-Guy Thivierge a dû user de prudence sur les nombreuses arêtes lors de l’expédition Airmedic, qu’il a baptisée ainsi en raison de l’implication de son partenaire.
Photo courtoisie
Lors de l’ascension de 1000 mètres, François-Guy Thivierge a dû user de prudence sur les nombreuses arêtes lors de l’expédition Airmedic, qu’il a baptisée ainsi en raison de l’implication de son partenaire.

L’une des particularités de la montagne est qu’elle présente une imposante ascension d’environ 1000 m, avec dénivelé de 750 m. Vu l’ampleur du défi devant eux, c’est en simultané que Thivierge et Girard ont choisi d’entreprendre cette vertigineuse portion d’escalade.

« On a choisi cette méthode, même si c’est plus dangereux et qu’il faut être parfaitement coordonné ensemble, parce que ça nous a permis de sauver beaucoup de temps.

Puisque le niveau de difficulté de la montagne n’était pas si élevé, on a visé une ascension plus rapide », a expliqué Thivierge, se disant reconnaissant d’avoir pu suivre les traces de l’une des légendes de l’alpinisme, l’Italien Riccardo Cassin, qui avait été le premier à gravir la face nord-est, en 1937.

Un autre défi qui s’est présenté est qu’en atteignant le refuge, après 5 heures de marche, les grimpeurs ont été surpris d’apprendre que, contrairement à ce qui avait été prévu, il ne se trouvait aucune nourriture sur place.

« Il n’y avait même pas un cube de sucre ! Par chance qu’on était préparé avec un minimum de bouffe. En montagne, tu dois rester concentré sur chacun de tes gestes », a raconté Thivierge.

C’est avec grande fierté que François-Guy Thivierge a atteint le deuxième sommet de son ambitieux projet de 55 montagnes en 55 mois.
Photo courtoisie
C’est avec grande fierté que François-Guy Thivierge a atteint le deuxième sommet de son ambitieux projet de 55 montagnes en 55 mois.

Heureusement, ce contretemps n’a pas nui à l’ascension et le sommet a été atteint au bout d’une douzaine d’heures d’escalade.

« Dans cette montagne, on s’est vite retrouvé dans un état d’esprit sauvage, loin de tout. On a eu droit à des paysages fabuleux, des vues spectaculaires. »

Gros défis à venir

Des tableaux grandioses, François-Guy Thivierge n’a certainement pas fini d’en faire provision. Dès le 30 novembre, il se dirigera vers l’Amérique centrale, où il tentera d’atteindre six sommets en 14 jours au Panama, au Honduras, au Guatemala, au Nicaragua, au Costa Rica et au Salvador.

Puis, le 15 décembre, direction Argentine pour la redoutable Cerro Torre, « la plus dure montagne de toute ma vie », annonce l’aventurier, le regard pétillant.

Ça promet !

♦ L’alpiniste de Québec François-Guy Thivierge a entamé en août le défi de sa vie : gravir 55 montagnes en 55 mois pour souligner ses 55 ans. Chaque mois, le Journal vous présente une montagne qu’il a gravie dans le cadre de ce projet.

PIZ BADILE

CAP SUR LA MONTAGNE

  • Altitude : 3308 m
  • Pays : Suisse
  • Région : Maloja (Alpes)
  • Ascension : 100 m
  • Durée : 3 jours
  • Première ascension : 1937

POUR SUIVRE SES AVENTURES