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De Chambly à Mirabel pour 177$: Québec veut régler le fouillis dans les transports en commun

Les tarifs de transport en commun dans la région métropolitaine devraient être simplifiés dont le titre mensuel

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Québec va tenter de régler le fouillis dans les transports en commun de la métropole en proposant seulement une poignée de tarifs, dont une formule tout inclus à 177 $, a appris notre Bureau d’enquête.

Depuis des années, il est difficile de se retrouver quand vient le temps de payer son transport en commun dans la région de Montréal. Il existe plus de 700 titres, allant des billets individuels aux laissez-passer pour quelques jours, en passant par 84 passes mensuelles différentes.

Dans le but de régler les « incohérences » et simplifier la vie des usagers, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) étudie à l’heure actuelle plusieurs scénarios de refonte tarifaire. Selon des documents que nous avons obtenus, deux scénarios sont privilégiés pour démêler ce labyrinthe.

Dans les deux cas, la région métropolitaine serait divisée en trois zones tarifaires, plutôt que huit en ce moment.

Dans le scénario le plus probable, la zone 1 correspond à l’île de Montréal. La zone 2 regroupe Laval et Longueuil, alors que la zone 3 comprend le reste des couronnes.

Le deuxième scénario comporte une différence notable : les habitants des extrémités Est et Ouest de l’île de Montréal paieraient plus cher que dans les quartiers centraux. La Société de transport de Montréal (STM) devrait donc jongler avec deux zones tarifaires sur son territoire.

Simplification

« La réduction de 8 à 3 zones permet une simplification accrue de la structure tarifaire, d’où une amélioration de l’expérience client », indiquent les documents de l’ARTM.

L’organisme chargé de planifier le transport collectif dans la région de Montréal ajoute que les clients auront aussi un « meilleur sentiment d’équité ».

Aussi, on proposera pour la première fois des tarifs plus abordables pour ceux qui se déplacent d’une ville à l’autre en restant dans les couronnes, et qui ne souhaitent pas se rendre à Montréal.

Le conseil d’administration de l’ARTM devrait prendre une décision finale en décembre.

Disparition d’un tarif pour le train

Les « principaux perdants », selon les documents que nous avons consultés, sont ceux qui payaient uniquement pour le train de banlieue. Ils devront désormais payer aussi pour l’accès au REM, au métro et aux autobus.

Selon nos informations, la disparition de ce titre pourrait particulièrement faire mal au train de l’Est, déjà peu achalandé, car la combinaison autobus-métro permet de se rendre au centre-ville aussi rapidement.

Les titres permettant de prendre une seule ligne d’autobus de la banlieue sud vers Montréal disparaîtront aussi avec l’arrivée du Réseau express métropolitain (REM). Ces clients verront sûrement le prix de leurs déplacements vers la métropole augmenter également, car ils devront se procurer une passe qui inclut l’autobus, le métro et le train.

La nouvelle grille tarifaire simplifiée sera mise en place progressivement d’ici 2024, précise le document de l’ARTM.


PRÉSENTEMENT


OPTION PRIVILÉGIÉE

Dans l’option privilégiée par les autorités, l’île de Montréal correspond à la zone 1, alors que Laval et Longueuil sont inclus dans la zone 2. Le reste de la région métropolitaine entre dans la zone 3.
Dans l’option privilégiée par les autorités, l’île de Montréal correspond à la zone 1, alors que Laval et Longueuil sont inclus dans la zone 2. Le reste de la région métropolitaine entre dans la zone 3.

AUTRE OPTION ÉTUDIÉE

Dans l’option 2, moins populaire auprès de certains décideurs, car elle amènerait deux zones tarifaires sur l’île de Montréal. À droite, on voit le fouillis actuel des huit zones tarifaires dans la région métropolitaine.
Dans l’option 2, moins populaire auprès de certains décideurs, car elle amènerait deux zones tarifaires sur l’île de Montréal. À droite, on voit le fouillis actuel des huit zones tarifaires dans la région métropolitaine.

Exemples de tarifs

Passe mensuelle pour tous les modes de transport (incluant bus, métro, REM et train de banlieue)

  • Île de Montréal (zone 1) : 98 $

  • Île de Montréal, Laval et Longueuil : 138 $

  • Toute la région métropolitaine : 177 $

  • Île de Montréal sans train de banlieue et sans les stations du REM à l’ouest de Bois-Franc (équivalent de l’actuelle passe de la STM) : 89 $

Accessibles avec les nouveaux tarifs

Le Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt (à partir de 2021).
Photo courtoisie
Le Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt (à partir de 2021).
Les autobus de la STM (Montréal), de la STL (Laval), du RTL (Longueuil) et d’exo (autres municipalités).
Photo d'archives, Agence QMI
Les autobus de la STM (Montréal), de la STL (Laval), du RTL (Longueuil) et d’exo (autres municipalités).
Le métro de Montréal, ainsi que ses stations à Laval et à Longueuil.
Photo d'archives, Marie Christine Trottier
Le métro de Montréal, ainsi que ses stations à Laval et à Longueuil.
Les trains de banlieue d’exo.
Photo d'archives
Les trains de banlieue d’exo.

Un trajet simplifié

Dans les scénarios étudiés par l’ARTM, les transferts dans la région seraient beaucoup plus simples, surtout pour les résidents des banlieues plus éloignées.

Voici ce qui changera pour un citoyen de Saint-Hilaire qui souhaite se rendre chez un ami à Laval.

En ce moment

  • 4,25 $ | Acheter un billet d’autobus Vallée du Richelieu, de sa maison à la gare de train

  • 9 $ | Acheter un billet de train de banlieue, de Saint-Hilaire à la gare Centrale

  • 3,50 $ | Acheter un billet de métro de la STM pour aller à la station Montmorency

  • 3,50 $ | Acheter un billet d’autobus de la STL, pour se déplacer dans Laval jusqu’à sa destination finale

PRIX TOTAL : 20,25 $


Avec la nouvelle grille tarifaire

  • Acheter un seul billet « zone 3 » qui sera valide pour prendre l’autobus Vallée du Richelieu, le train de banlieue jusqu’à la Gare Centrale, le métro de Montréal jusqu’à la Station Montmorency, ainsi que l’autobus à Laval.

Prix : À déterminer, mais fort probablement moins cher que 20,25 $

Pas de prix unique

L’ARTM a étudié la possibilité d’établir un seul tarif mensuel pour toute la région de Montréal, à 103 $ par mois. Toutefois, elle a écarté ce scénario qui aurait créé un sentiment d’iniquité parmi les usagers et une forte hausse du tarif pour les résidents de Montréal. L’ARTM juge aussi que cela aurait causé une perte d’achalandage.

Selon les documents que nous avons obtenus, établir un tarif proportionnel à la distance parcourue, avec des points de contrôle à l’entrée et à la sortie du réseau, n’était pas non plus souhaitable.

Vers un REM à deux vitesses

Le prix des billets pour le futur Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt ne sera pas partout le même, indiquent la plupart des scénarios que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a étudiés.

Pour se rendre dans les branches du REM à l’ouest de la station Bois-Franc dans l’arrondissement Saint-Laurent ou au terminus Rive-Sud, les usagers risquent de devoir payer un tarif plus élevé, qui donne aussi la possibilité de prendre le train de banlieue.

Les stations du REM plus proches du centre-ville de Montréal, pour leur part, devraient être accessibles à des tarifs inférieurs.

Par exemple, en payant le tarif le moins cher, il serait possible de prendre le nouveau train de la Caisse de dépôt à partir de la Gare Centrale jusqu’à Saint-Laurent ou l’Île-des-Sœurs, sans frais supplémentaires.

Toutefois, il ne serait pas possible de continuer le voyage jusque dans le West-Island.

Autre exemple, un client de Brossard qui embarque à la station Du Quartier, juste à l’ouest du DIX-30, pour se rendre à Montréal, paierait 118 $ par mois.

Par contre, s’il décide de partir du terminus Rive-Sud, à l’est de l’autoroute 30, il devrait payer 138 $ par mois.

En contrepartie, sa passe serait valide pour se rendre jusqu’à Laval ou Sainte-Anne-de-Bellevue en REM.

Selon nos informations, cette possibilité inquiète le transporteur exo, qui exploite les autobus dans les couronnes de Montréal. Sur la Rive-Sud, une majorité de ses bus doivent justement diriger les usagers vers le REM au terminus Rive-Sud, où il coûterait plus cher d’embarquer.