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Diagnostic de TDAH: un même processus pour tous

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Peu importe que l’on habite à Québec, Chicoutimi ou Baie-Comeau, le processus devant mener à un diagnostic de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) devait être le même dans l’ensemble de la province. 

Voilà l’une des recommandations de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), présentée cette semaine devant la commission parlementaire qui se penche sur l’augmentation de la consommation de médicaments en lien avec le TDAH. 

En plus d’offrir davantage de services psychosociaux aux jeunes qui vivent des difficultés, et ce, même en amont d’un diagnostic, l’Institut recommande que tous les professionnels, tant dans le réseau de la santé que dans le réseau scolaire, utilisent le même processus permettant une l’évaluation rigoureuse du TDAH. 

Ce processus d’évaluation devrait inclure l’élaboration d’un portrait du jeune et de ses proches sur le plan psychosocial, physique, psychologique et scolaire, ce qui implique la participation de plusieurs professionnels. 

Pour s’assurer que le processus soit uniformisé dans l’ensemble de la province, des outils validés devraient être mis en place pour faciliter la standardisation. 

Présentement, un diagnostic de TDAH est généralement obtenu auprès d’un médecin de famille, parfois au terme d’une seule consultation, auprès d’un psychologue ou d’un neuropsychologue. Les méthodes d’évaluation varient d’un professionnel à l’autre. 

Le type d’évaluation recommandé par l’INESSS, qui trace un portrait global du jeune avant d’en arriver à un diagnostic, est «peu fréquent», indique sa directrice à la direction des services sociaux, Sylvie Desmarais. 

«S’acheter» un diagnostic 

Cette uniformisation menant à un processus d’évaluation plus rigoureux pourrait permettre de réduire les faux diagnostics et d’éviter ainsi certains dérapages, indique l’INESSS. 

Lorsque des parents se tournent vers des cliniques privées, certains mettent parfois de la pression pour obtenir un diagnostic de TDAH pour leur enfant, a affirmé cette semaine le neuropsychologue Benoît Hammarrenger, cette semaine, devant la commission parlementaire. 

Une évaluation neuropsychologique peut coûter jusqu’à 2000 $, si bien que des parents, devenus «clients-payeurs» arrivent parfois «avec une idée très claire et préconçue» concernant le diagnostic que devrait recevoir leur enfant. 

«Si notre conclusion est plutôt que l’encadrement familial doit être travaillé, ce n’est pas une réponse que le parent-payeur aime entendre, c’est moins facile qu’un médicament», a indiqué M. Hammarrenger, qui va jusqu’à dire que des parents viennent «s’acheter» un diagnostic en consultant au privé. 

Certains vont même jusqu’à menacer des neuropsychologues de déposer une plainte devant leur ordre professionnel lorsqu’ils refusent de diagnostiquer un TDAH à leur enfant, ajoute-t-il. 

«Il faut de fortes convictions et un sentiment de professionnalisme fort pour résister à ces pressions et éviter de modifier son rapport pour satisfaire les parents», écrit le neuropsychologue dans son mémoire. 

Au Québec, la proportion d’adolescents qui consomment des médicaments reliés au TDAH est trois fois plus élevée que dans le reste du Canada. Le taux de prévalence du TDAH chez les adolescents québécois est aussi de deux à trois fois plus élevé que celui observé dans la population mondiale. 

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