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La Confiscation Avenir Québec

La confiscation continue...

La Confiscation Avenir Québec
PHOTO d'archives, JOËL LEMAY

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Au pays des congés accumulés, tout est calme. Ici, pas le moindre exit à l’horizon. Pas le moindre lacrymogène. Pas de victoire en vue, ni même de bataille.  

Il y a bien quelques gauchistes accusant les ti-counes nationalistes de chercher des soucis aux immigrants, mais peu de gens leur prêteraient attention sans l’entêtement des télés continues qui y voient une belle occasion de combler le vide...  

Le froid s’installe et les petites familles les plus choyées d’Amérique appréhendent l’hiver; McDo, A&W et Tim Horton’s affichent complet.   

Les meilleures tables de la banlieue sont prises d’assaut par de jeunes et de moins jeunes couples fessus marchant derrière une poussette à pneus tracteurs dans laquelle gargouille un poupon bien gras que l’on verra peut-être un jour au canal Weight Watchers...  

Ils ont été comblés, ceux-là, par la mise à jour de la dépense du gouvernement Legault. Que pourraient-ils faire pour améliorer leur sort sans l’argent des autres?  

La grande majorité des contribuables, comme d’habitude, s’attendait au pire comme à rien, et elle a eu droit aux deux...  

Une baisse générale des impôts? Avec un surplus de huit milliards, non, évidemment, c’était impensable...   

Il en faudrait dix, douze ou quinze pour que l’évidence de l’abus devienne incontestable...   

Les Québécois acceptent en silence d’être soumis à une dictature confiscatoire. Ils ne trouveront d’ailleurs personne au Salon bleu pour réclamer quelque armistice fiscal...  

Alors la CAQ, campée à gauche comme tous les bons petits partis locaux, a choisi les petits riens habituels, les évitements bon marché et le sucre en poudre sur le dos des éreintés provinciaux...  

La Confiscation Avenir Québec
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

Prophétisée depuis des jours par nos annonciateurs professionnels, la soi-disant mise à jour économique du gouvernement de la CAQ n’aura été qu’un énième pré-réveillon mettant en vedette François Legault dans le rôle du père Noël au Village des valeurs.  

Et, comme d’autres avant lui, le père Noël caquiste a gentiment assis les Québécois sur son genou gauche pour leur donner des cadeaux qui réjouiront durant quelques heures les générations les plus surendettées; une maison-piscine, deux autos, trois téléphones, quatre paires d’Adidas, cinq t-shirts Burberry, six semaines de vacances à crédit, sept mois pour payer la moitié du solde mensuel...  

Plus perspicaces qu’hier et moins que demain, les experts télévisés de la chose publique ont conclu, dans une souriante objectivité, que le gouvernement avait choisi «d’investir dans les familles».   

Un investissement qui devrait rapporter des dividendes, visibles dans tous les domaines de la vie quotidienne...  

Jusque dans cette boulangerie de gauche où un couple des temps modernes ne sourit pas...   

Le trentenaire à chignon tient ferme sa poussette et la main d’un enfant grouillant:   

- J’veux un chocolat chaud. Avec un muffin au chocolat. J’veux, j’veux, j’veux...  

Levant le nez de son téléphone, la femme souffle à l’oreille du docile silencieux:   

- Prends-moi un grand latté. Avec un croissant aux amandes, je vais m’asseoir...   

La Confiscation Avenir Québec
Photo Courtoisie

Au final donc, trois tasses, deux croissants et un muffin, le flo et la poussette; le muet débordé a sorti deux 20$ de sa poche...  

Heureusement qu’il pourra dorénavant compter sur le tarif fixe des garderies où les riches et les pauvres seront à nouveau traités pareillement...  

Au Québec, être pareil, c’est une valeur, une vraie valeur, une grandeur morale.  

De là, l’écrasante fiscalité qui fait plier l’échine à ceux qui voudraient se distinguer... Et l’oubli systématique de baisser les impôts.   

Alors les Québécois, du moins les contribuables dignes de ce nom, n’en ont plus rien à cirer, des «bonnes nouvelles», de l'avis des «experts» et des «investissements dans les services» qui ne sont, en vérité, que des additions au gratin existant; ce sera seulement plus cher pour la même chose...  

Ça fait combien de temps que le Québec porte à gauche? Soixante-dix ans, disons soixante ans...  

Sociétés d’État, programmes à gogo, fonctionnaires innombrables, organismes tombés du ciel et tant de petits univers extrabudgétaires, communautaires, parapublics et planqués hors comptabilité...  

 L’État, cadavre éventré, au bonheur comme au service de la minorité...  

Il n’y a que les syndicats pour trouver à se plaindre; mais on a appris avec le temps que c’est dans la nature même du syndicalisme que de mentir. Se plaindre, chialer, une fois que RDI et LCN sont arrivés...  

Ici, même quand les dépenses augmentent, on crie à l’austérité. Et quand les dépenses n’augmentent pas suffisamment, on prétend être mis au régime. La moindre retenue est d'une cruelle injustice.   

Et on réclame son «dû», 20, 25% de plus, en direct à la télé. En toute liberté, sans subir la moindre contradiction...  

C’est le grand avantage de Netflix: on ne les voit plus, on ne les entend plus, les demandeurs professionnels...