/news/currentevents
Navigation

Procès civil: «Colosse» Plamondon n’aurait pas souffert de ses 28 ans d’incarcération

Un psychiatre a rencontré Yves Plamondon en 2016

Procès civil: «Colosse» Plamondon n’aurait pas souffert de ses 28 ans d’incarcération
Photo Stevens LeBlanc

Coup d'oeil sur cet article

Fort de son « statut d’intouchable » et « fier » de son influence à l’intérieur du pen, Yves « Colosse » Plamondon n’aurait pas souffert psychologiquement de ses 28 années de détention.

C’est du moins la conclusion que tire le psychiatre Joel Watts après avoir expertisé celui qui réclame 35 M$ à l’État québécois pour trois meurtres qu’il a toujours nié avoir commis.

Le Dr Watts avait rencontré Plamondon en décembre 2016, après que ce dernier eut été libéré des accusations de triples meurtres, mais alors qu’il était incarcéré au Centre de détention de Québec pour un vol de banque commis en octobre 2015.

Selon ses conclusions, Colosse Plamondon n’a pas souffert de problème psychiatrique en lien avec son incarcération. Les traits de personnalité narcissique et antisociale se sont développés très jeunes chez le délinquant, chez qui l’expert a aussi décelé des « difficultés cognitives significatives ».

Vie en prison

Dans son rapport, l’expert revient sur les nombreux crimes de Colosse, dont la criminalité a débuté à 13 ans par des vols. Avant même d’être adulte, le délinquant avait été condamné à une peine de prison fédérale. Même s’il n’avait pas été arrêté et incarcéré à partir de 1985 pour un triple meurtre, le Dr Watts a évalué qu’il était « fort probable » que Colosse ait été incarcéré sur une longue période de temps pour d’autres crimes.

Il a notamment relevé ses nombreuses frasques en prison, dont plusieurs tentatives d’évasion, le contrôle de drogue intramurale et des complots pour introduire des armes, voir de la dynamite.

Le détenu a montré une « fierté » liée à son « statut d’intouchable » à l’intérieur des murs. Même incarcéré, il était vu comme un « caïd » à la tête d’un groupe, « le clan Plamondon ».

Colosse a cependant perdu cette influence à sa sortie de prison. Il se disait « craintif » et perdu après sa libération en 2014, lui qui est analphabète.

Peu de remords

Après son évaluation, le Dr Joel Watts indique que Colosse Plamondon ne peut pas être qualifié de psychopathe, même si plusieurs traits, dont le mensonge et l’absence de remords, caractérisent sa personnalité. D’ailleurs, l’homme de 69 ans s’est très peu ouvert quand il a été questionné sur les trois victimes de meurtre, se disant gêné d’avoir été trouvé coupable parce que « les victimes avaient peut-être des familles ».

Parmi les dommages qu’il dit avoir vécus, Yves Plamondon soulève qu’il n’a pu fonder une famille en raison de sa détention. Or, le psychiatre a relevé que le détenu n’a eu que deux contacts avec sa fille pendant toute son incarcération.


► Le procès civil se poursuit lundi avec le témoignage de René de la Sablonnière, actuel juge de la Cour du Québec, qui était en 1985 procureur au dossier.