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Quand Legault réclamait un «DPB»

Finances Eric Girard
Photo Simon Clark Le ministre des Finances, Éric Girard

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Les surplus budgétaires de l’État du Québec sont énormes : quelque 8 milliards $ avant le versement au Fonds des générations !

Même que jeudi, avant que la mise à jour économique et budgétaire ne commence, les journalistes tentaient de trouver une autre époque dans l’histoire du Québec où il aurait pu y avoir des surplus aussi importants.

Dans les années Duplessis ? À première vue, même en dollars constants, les surplus du « cheuf » ont l’air une poignée de monnaie à comparer aux monticules d’argent à la Picsou de l’ère Legault.

Erreur systématique

Du reste, depuis plusieurs années, Québec sous-estime de manière gênante, mais systématique ses fameux surplus.

Il y a un an, François Legault déclarait même : « Je ne suis pas certain qu’il y ait un surplus de 3 milliards $ » !

On comprend qu’il s’agit d’une manière de faire baisser les atten­tes ; de dissimuler une manne que reluque tout ce qui grouille dans ce Québec où les dépenses publiques comptent énormément.

Mais ça devient gênant.

Et ce n’est pas près de finir. Dans la mise à jour de jeudi, le ministre des Finances, Éric Girard, prévoit un surplus de 1,4 milliard $. Pourtant, au 31 juillet, le rapport mensuel des opérations financières indiquait déjà un excédent de 1,223 milliard $. Et il reste huit mois au présent exercice financier !

Certes, Québec a progressé : désormais, lors d’une élection, la vérificatrice générale a la tâche d’établir un rapport électoral. Ainsi, désormais, les partis construisent leur cadre financier électoral sur une base commune, objective.

Mais face aux prévisions systématiquement erronées quant aux surplus, on comprend qu’entre deux scrutins, on aurait besoin d’un regard objectif sur le trésor public.

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal rappelait jeudi la proposition de son parti de créer un poste de Directeur parlementaire du budget (DPB), qui émanerait du Parlement.

Legault-Dubé 2012

L’idée n’est vraiment pas nouvelle : le 23 octobre 2012, François Legault et l’actuel président du Conseil du trésor, Christian Dubé, alors dans la deuxième opposition, l’ont formellement présenté dans un point de presse à l’Assemblée nationale.

Ils rappelaient d’ailleurs que tant l’ADQ que le PQ avaient auparavant défendu ce projet.

À une question sur les mises à jour économiques, il répondait : « C’est comme si ce n’était plus possible d’avoir le portrait exact des finances publiques. » Il fallait donc confier la tâche, insistaient les deux comptables Legault et Dubé, à une personne « non partisane » nommée par l’Assemblée nationale.

« Je vous rappelle [...] qu’à Ottawa ce poste existe », soulignait M. Legault­­­. Et son travail avait été très utile, non seulement pour établir le portrait « pour chaque trimestre de l’année financière », mais aussi pour évaluer le coût d’initiative du gouvernement. Imaginons un DPB se pencher sur l’aventure du troisième lien par exemple !

Alors député de Lévis, M. Dubé avait même déposé le projet de loi 192, « loi sur le directeur parlementaire du budget », très bien fait et qui pourrait facilement être déposé de nouveau aujourd’hui.