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Refusée au Canada, accueillie en Italie

La Lavalloise Cynthia Mascitto a su relancer sa carrière en 2016

La plus Québécoise des Italiennes, Cynthia Mascitto (no 16), a réussi vendredi à se qualifier pour la demi-finale de l’épreuve de 1500 m samedi.
Photo Agence QMI, Joël Lemay La plus Québécoise des Italiennes, Cynthia Mascitto (no 16), a réussi vendredi à se qualifier pour la demi-finale de l’épreuve de 1500 m samedi.

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MONTRÉAL | Elle avait déjà comme prérequis la consonance de son nom et ses origines familiales. Se disant ignorée à répétition par l’équipe canadienne, Cynthia Mascitto a convenu un jour que la meilleure issue pour la suite de sa carrière se trouvait en Italie.

En moins de deux mois durant l’année 2016, son transfert s’est réglé. Le pays de ses grands-parents lui a délivré son passeport et, comme elle n’était assujettie à aucune condition sportive, la fédération italienne a pu sans contrainte lui faire une place dans son équipe nationale.

L’athlète qui a grandi à Laval porte joyeusement les couleurs vert et rouge, en fin de semaine, à la Coupe du monde de Montréal.

« J’adore tout de leur bouffe. Les gnocchis au fromage sont terribles ! » disait-elle spontanément, vendredi, quelques minutes après s’être qualifiée aisément pour la demi-finale de l’épreuve de 1500 m de samedi après-midi.

Progression limitée

Les bénéfices de son expérience ne se mesurent pas seulement à la table. La patineuse de 27 ans a trouvé en Italie une tribune pour exploiter son potentiel qui lui a permis de participer aux derniers Jeux olympiques. Selon elle, à force de demeurer coincée dans l’antichambre et de voir ses options rétrécir, il ne lui aurait plus été possible d’y arriver avec l’équipe canadienne.

Reléguée aux choix discrétionnaires des dirigeants au terme de différentes sélections nationales, Cynthia Mascitto dit avoir été souvent oubliée au profit d’athlètes plus jeunes et sans antécédents de blessures comme elle découlant d’une hernie discale diagnostiquée il y a huit ans.

« Marc Gagnon [entraîneur au Centre régional canadien d’entraînement à Montréal] m’a aidée à progresser, mais pour m’améliorer, il aurait fallu que je m’entraîne avec les meilleures. Mais je n’ai jamais eu cette chance », déplore-t-elle.

« À la dernière année, je m’étais qualifiée 12e aux épreuves de sélection et ils en prenaient 14 pour former l’équipe. Mais ils ont accordé un laissez-passer à une autre patineuse et je suis tombée ensuite dans les choix discrétionnaires. Puis, je n’ai pas été choisie. »

Main tendue de Fontana

Cette déception allait être sa dernière. À 24 ans, le choix d’arrêter sa carrière lui a alors traversé l’esprit. Une autre option est cependant apparue après qu’elle eut demandé conseil à l’une des meilleures patineuses du circuit mondial qu’elle connaissait, l’Italienne Arianna Fontana.

« Bien, pourquoi tu ne viens pas en Italie ? » lui a alors suggéré celle devenue depuis quintuple médaillée olympique.

Les JO de 2022 en vue

L’idée a germé et la Lavalloise a vite pris sa décision : direction Courmayeur, dans les Alpes, base d’entraînement de l’équipe italienne.

Il lui a fallu suspendre ses études en sciences infirmières amorcées à l’Université Concordia, mais le jeu en vaut encore le coup pour elle. Les Jeux olympiques de 2022 l’interpellent. Entre-temps, il y aura toujours les gnocchis et la riche culture de son pays d’adoption en attendant de rentrer un jour au Québec.

« C’est dur de m’identifier comme une vraie Italienne. Je me débrouille et j’aime bien la vie comme eux, mais c’est dur pour moi de dire que je suis l’une des leurs. J’ai quand même des origines différentes et j’ai encore mon côté canadien. »