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The Cinematic Orchestra: pur ravissement

Le groupe a fait oublier la grisaille de novembre au Palais Montcalm.

The Cinematic Orchestra: pur ravissement
Photo Pascal Huot

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Ça ne pouvait mieux tomber. Pendant que la grisaille de novembre s’abat sur nous, The Cinematic Orchestra a réchauffé le Palais Montcalm, hier soir, en offrant un superbe voyage dans son riche univers musical. 

Jazz, pop de chambre, musique électronique, soul : avare de ses tournées – c’est sa première en 12 ans –, la formation britannique a opté pour un concert en forme d’introduction aux divers styles musicaux couchés sur ses quatre albums studio - Motion (1999), Every Day (2002), Ma Fleur (2007) et To Believe (2019). 

C’était exquis. Sans aucun doute à la hauteur des souvenirs de ceux qui avaient bravé la pluie en 2007, au Festival d’été, lors de leur première visite à Québec. Mais cette fois avec l’avantage de l’acoustique exceptionnel du Palais Montcalm. 

Dès le départ, le maître d’œuvre Jason Swinscoe et les cinq musiciens ont donné du pur ravissement. Lessons, première de quatre pièces tirées du remarquable To Believe, a indiqué la marche à suivre : sobriété dans l’exécution, improvisation calculée qui mettait chaque musicien en évidence, le saxophone de Tom Chant venant ennoblir le tableau de façon discrète et efficace. 

The Cinematic Orchestra: pur ravissement
Photo Pascal Huot

Aux commandes derrière sa table encombrée de bidules, Swinscoe était tout sauf inactif. Il a passé la soirée à se balancer la tête aux rythmes de la musique, actionnant les boutons d’une main, guidant ses troupes de l’autre. 

Des voix tout en nuances 

S’il évolue hors des circuits commerciaux, The Cinematic Orchestra n’en possède pas moins ses propres standards. Terrain de jeu de l’excellent batteur Luke Flowers, Man With a Movie Camera en est un, le public réagissant fortement aux premières notes de cette pièce aux obsédantes boucles sonores que le collectif a rendue avec fougue. 

Oeuvrant depuis toujours avec des vocalistes invités, les Britanniques font cette fois-ci la tournée avec Heidi Vogel et Larry Brown, alias Grey Reverend. Leur chant tout en nuances s’est particulièrement révélé au contact des chansons de To Believe

The Cinematic Orchestra: pur ravissement
Photo Pascal Huot

Le plus bel exemple? A Promise, un vrai tour de force dans lequel les élans vocaux aériens de Vogel ont d’abord soutenu la portion classique du titre avant que les rythmes électroniques prennent le relais et transportent la chanson dans un tout autre registre jusqu’à une finale pimentée de distorsions. 

The Cinematic Orchestra: pur ravissement
Photo Pascal Huot

Outre Man With a Movie Camera, l’autre grand succès de l’orchestre cinématique est sans contredit To Build a Home. En l’absence du Montréalais Patrick Watson, qui lui prête sa voix sur l'album Ma Fleur, Grey Reverend en a pris possession dans une version majoritairement guitare-voix qui, si elle ne manquait pas de charme, n’avait pas la même charge émotive que l'originale. 

Ça reste le seul bémol, et un mince, de ce récital d'un niveau de raffinement musical comme on en voit trop peu.