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Un interlocuteur privilégié pour SNC auprès du dictateur Kadhafi

Un interlocuteur privilégié pour SNC auprès du dictateur Kadhafi
Photo d'archives

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Le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Saadi Kadhafi, intervenait personnellement en faveur de SNC-Lavalin auprès de son père, selon un témoin de la Couronne.  

«C’est Saadi qui poussait pour SNC [auprès de son père]», a expliqué Riadh Ben Aïssa, ex-cadre de SNC, au procès pour fraude et corruption de Sami Bebawi, ancien patron de Socodec, une filiale de l’entreprise de génie montréalaise.  

Selon Ben Aïssa, Saadi Kadhafi aurait notamment parlé à son père de SNC pour que l’entreprise obtienne un important projet d’usine de conduites d’eau en Libye au début des années 2000. Ce contrat a ensuite été octroyé sans appel d’offres à l’entreprise.  

Selon le témoin, Saadi Kadhafi aurait vanté SNC auprès du dictateur notamment dans l’espoir d’améliorer les relations de la Libye avec le Canada. «Le père était très réticent à rouvrir les relations avec le Canada», a avancé Ben Aïssa.  

Dans un courriel présenté vendredi en Cour, Riadh Ben Aïssa soumet à Jacques Lamarre, l’ex-grand patron de SNC, un projet de lettre de remerciement que lui aurait demandée le fils du dictateur.  

«J’ai été informé que votre grand support et vos efforts nous ont permis de conclure une entente sur notre réclamation reliée au projet de puits d’eau de Tazerbo et d’obtenir le contrat d’opération de l’usine de conduites d’eau de Sarir», écrit Ben Aïssa dans le projet de lettre de Jacques Lamarre adressée à Saadi Kadhafi.  

Le contre-interrogatoire du témoin devrait se poursuivre pour une troisième journée lundi. L’avocat de Bebawi, Me Alexandre Bien-Aimé, a cherché à relever depuis deux jours des contradictions dans le témoignage de Ben Aïssa, en remettant notamment en question la chronologie de certains événements.