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«Le rock ne mourra jamais» - France D’Amour

France D’Amour
Photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca France D’Amour

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France D’Amour n’a jamais voulu être une rockeuse. Le style musical lui plaisait, certes. L’étiquette, elle, beaucoup moins. « J’avais horreur de ce mot. J’y ai tellement longtemps résisté », déclare la chanteuse en entrevue. Mais aujourd’hui, elle la porte tel un insigne d’honneur, renouant avec le style qui l’a jadis propulsée et prête à prouver que, à 54 ans, elle est toujours aussi... Vivante.

En entrevue au Journal, France D’Amour l’avoue de plein gré: elle a mis du temps à assumer sa vraie nature, définie par le rock qui lui coule dans les veines. Elle a même passé près des deux dernières décennies à se chercher ailleurs, que ce soit dans la pop, le folk ou encore le jazz.

Mais aujourd’hui, bas les masques. La chanteuse renoue avec ses racines, son identité première, soit celle d’une rockeuse qui n’a pas froid aux yeux. « Ça m’a pris 25 ans à amadouer l’étiquette de rockeuse. Partout où j’allais, c’était le mot qu’on utilisait pour me décrire. Mais dans ma tête, un rockeur [ou une rockeuse], c’était une brute. Alors moi, qui étais éduquée, lectrice assidue et une grano qui buvait du kombucha avant que ce soit cool, je ne pouvais pas être une rockeuse ! » se souvient France D’Amour en entrevue au Journal.

« Mais avec les années, j’ai réalisé que le rock, c’est beaucoup plus que ça. Être une rockeuse, c’est se tenir debout à travers tout, sans avoir peur de défendre son point. Autant j’ai détesté ce mot, autant je le chéris aujourd’hui », ajoute-t-elle.

Premières amours

Et maintenant que c’est fait, elle n’a pas l’intention de revenir en arrière. Elle persiste et signe, le poing bien levé, armée d’accords dissidents et de rythmes décoiffants, réunis sur D’Amour et Rock’n’Roll, un treizième album en carrière, attendu en magasin vendredi. Premier constat ? Une toute première écoute permettra aux fans de reconnaître celle qui nous a donné les bombes Animal, Vivante et autres Va-t-en pas ayant fait démarrer sa carrière dans les années 1990.

« J’avais envie de retomber en amour avec la musique de mon adolescence, avec cette énergie-là. Je voulais que ça sonne rock, que ça déménage. Je ne voulais pas non plus que ce soit parfait. Sur cet album-là, il y a des distorsions, des dérapages... Et je tenais à les laisser là. J’aime les aspérités, les choses non polies ou celles qui dépassent. C’est ça du vrai rock, non ? » avance France D’Amour.

Bien vivant

Parce que oui, le rock – le vrai – est bel et bien vivant. Ça, France D’Amour n’en a pas le moindre doute. Et ce, quoiqu’on essaie de lui faire croire.

« On m’a dit l’été dernier que le rock était mort. Come on ! » laisse-t-elle tomber.

« Cette phrase-là, je l’entends tous les cinq ans. Je l’ai entendue juste avant que Nirvana ne sorte son premier album. Dire que le rock est mort, c’est dire que l’adolescence est morte, que le poing en l’air est mort, que les injustices sont toutes choses du passé. C’est n’importe quoi. Rock will never die. Le rock ne mourra jamais », insiste-t-elle dans un élan de passion.

Et tant qu’il sera là, France D’Amour promet de le chanter... comme une bête pour pouvoir demeurer vivante.


♦ L’album D’Amour et Rock’n’Roll sera en vente à compter de vendredi.

 

Une chanson pour son père

France D’Amour
Photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca

France D’Amour avait l’intention de produire un nouvel album 100 % rock. Mais le décès de son père, survenu subitement le printemps dernier, est venu changer les choses.

La chanteuse l’avoue d’entrée de jeu : la ballade T’étais mon père, écrite en l’honneur de son regretté papa « ne fitte pas sur l’album ». N’empêche, après mûre réflexion, elle a finalement choisi de l’inclure en clôture de D’Amour et Rock’n’roll.

« Techniquement, cette chanson-là n’aurait pas dû être sur l’album. Mais après l’avoir entendue, les gens autour de moi me disaient que je devais l’inclure. Et dans le fond, j’aimais l’idée que mon père, lui, ait sa place sur ce disque-là », confie-t-elle.

« Mais elle n’est pas toujours facile à faire en spectacle. J’ai eu beaucoup de difficulté à la chanter les premières fois », ajoute France D’Amour.

« C’est une épreuve »

Il faut dire que cette pièce était à l’origine le discours prononcé par la chanteuse aux obsèques de son père. Les paroles ont été écrites dans les jours suivant son décès, puis mises en musique après la cérémonie.

« Ç’a été une épreuve. En fait, c’est une épreuve », se ravise-t-elle.

La chanteuse raconte avoir été prise par surprise, en mai, lorsqu’elle a reçu un appel de ses frères la pressant de les rejoindre à l’hôpital où son père était transporté. D’abord abasourdie, elle a rapidement pris la route. Mais elle est arrivée trop tard.

« Je le sentais pendant que je conduisais. Je lui ai demandé de m’attendre. Mais il était déjà parti », se souvient-elle, visiblement émue.

Au-delà de la mort

Elle lui rend donc aujourd’hui hommage, lui chantant « T’aurais pu être un dieu, un révolutionnaire. Mais t’étais beaucoup mieux : t’étais mon père ».

Un message qui, à ses dires, va bien au-delà de la mort.

« Je pense que cette chanson-là est vraiment dans l’air du temps. Aujourd’hui, tout le monde veut être famous ! Mais on n’a pas besoin d’être célèbre pour être important. Il faut juste être là pour ceux qu’on aime. C’est tout ce qui compte. Et ça vaut plus que toute la célébrité du monde », croit-elle.