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Les jeunes entreprises se battent pour recruter les talents

Stay22 tente par tous les moyens de trouver les perles rares d’ici comme d’ailleurs

Simon Boulet, chef des opérations chez Stay22.
Photo courtoisie Simon Boulet, chef des opérations chez Stay22.

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Recruter pour les jeunes entreprises s’avère plus complexe que pour une entreprise bien établie. Leur plus gros défi : les moyens financiers dont elles disposent pour gagner la guerre des salaires. Elles ont toutefois des atouts à faire valoir pour qui est prêt à sauter dans l’aventure.

Stay22 en sait quelque chose. La jeune entreprise, spécialisée dans la réservation et la géolocalisation d’hébergement à proximité d’un événement, est en recherche active de talents, car elle connaît une croissance soutenue depuis sa fondation en 2016.

« On a constamment besoin de nouveaux employés, et ce, dans tous les départements », explique Simon Boulet, chef des opérations.

Grâce à un programme gouvernemental, Stay22, qui emploie actuellement 18 personnes, a pu recruter récemment trois personnes issues de l’immigration.

Elle n’hésite pas aussi à élargir son territoire de recrutement. Le défi qui se pose : les démarches administratives qui sont fastidieuses.

Stay22, qui réalise plus de 90 % de son chiffre d’affaires sur les marchés internationaux, avait trouvé aux États-Unis la perle rare qu’elle cherchait pour un poste en communication et rédaction de contenu. « Le délai pour que la personne obtienne un permis de travail était trop long, il nous a fallu la laisser aller », explique Simon Boulet.

Se démarquer autrement

Comme entreprise technologique, Stay22 cherche des compétences de haut niveau, donc à haut salaire. Même si elle a bonifié sa structure salariale, elle peut difficilement concurrencer les offres des grandes entreprises pour attirer ces talents.

« Il faut savoir se démarquer autrement avec un environnement de travail stimulant, une culture d’entreprise forte », explique Simon Boulet.

« Au-delà des compétences, c’est d’abord une personnalité que l’on cherche, ajoute-t-il. Il faut que la personne ait un grand sens de l’autonomie et une motivation à apprendre. Tout est à faire dans une start-up. Elle doit aussi être capable d’évoluer dans une structure qui, elle, évolue constamment. Bref, ce n’est pas fait pour ceux qui recherchent la sécurité et la routine avant tout ! »

Offrir de l’équité

Comme autre incitatif, Stay22 a décidé d’offrir de l’équité à ses employés pour compenser l’écart de salaire avec des entreprises de plus grande taille.

Cette pratique est encore peu répandue dans l’écosystème des entreprises en démarrage au Québec alors qu’elle est plus courante aux États-Unis. Si des entrepreneurs ne sont pas toujours enclins à offrir des fonds propres pour faciliter le recrutement, il y a aussi un manque d’ouverture chez les candidats.

« Tous ne voient pas la valeur de ces options, explique Sylvain Carle, associé chez le fonds de capital de risque RealVentures. Il s’agit de miser sur les succès futurs de l’entreprise. Travailler pour une start-up, c’est accepter de prendre un risque. »

La mise en œuvre d’un plan d’équité a souvent un impact direct sur la motivation des troupes.

« Les employés ont ainsi plus à cœur les succès de l’entreprise. C’est un bel incitatif », affirme Simon Boulet.

S’il y a des employés qui comprennent bien la valeur de l’équité, c’est ceux de Lightspeed. Le concepteur de logiciels de points de vente pour restaurants et commerces de détail a fait son entrée en bourse en début d’année avec une valorisation de 1,4 G$. Si peu de technos entrent à la bourse, convient Sylvain Carle, la valeur de l’entreprise peut aussi se concrétiser avec une croissance organique ou lors d’une acquisition. C’est le pari à prendre.