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Un album en dents de scie qui donne le torticolis

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Le batteur des Foo Fighters profite d’une pause entre deux tournées pour jouer à nouveau avec son violon d’Ingres : sa carrière solo. 

Taylor Hawkins & The Coattail Riders 

Photo Courtoisie

★★★

Get The Money 

Près d’une décennie après avoir offert Red Light Fever, un deuxième LP rock 70’s bardé d’invités (dont Brian May et Roger Taylor de Queen) et qui faisait, au final, très « on dirait les Foo Fighters, mais ce n’est pas Dave Grohl qui chante », Hawkins et ses Coattail Riders proposent... un troisième album rock 70’s bardé d’invités (allant de LeAnn Rimes à Duff McKagan) et qui fait, encore une fois, très « on dirait les Foo Fighters, mais ce n’est pas Dave Grohl qui est derrière le micro ». 

Tout d’abord, les fleurs : le projet est (un tantinet) moins prévisible qu’auparavant.  

Puis, le pot : en résulte un LP plutôt en dents de scie. Crossed The Line, qui lance le bal, est une bonne représentation du disque en soi. Chanson plus ampoulée qu’ambitieuse, les Riders semblent davantage intéressés à pasticher un genre en entamant une pièce de plus de quatre minutes à mi-chemin entre les compositions étriquées de Rush et un urgent désir de brasser la cabane à la Jack White (lorsque ce dernier s’énerve, on s’entend). De quoi donner le torticolis à force d’alterner entre ces deux pôles sans transition, aucune. 

Écoute frustrante  

Bien que le plaisir de Taylor Hawkins est contagieux, Get The Money demeure une écoute frustrante par moments, tant elle est l’équivalent musical d’une heure de pointe « bumper à bumper ».  

Pour fans, surtout. Pour les autres, on vous suggère fortement le nouvel album de Chocolat à la place. 

Lary Kidd 

Photo Courtoisie

★★★½ 

Surhomme 

Deux ans après avoir passé l’épreuve du second LP avec un exercice aussi anxiogène que sulfurique et qui a eu l’effet d’une gifle, le rappeur montréalais surprend en élargissant son terrain de jeu. Bien qu’il s’épanche encore sur ses déboires très « mötleycrüesque », le surhomme chute de son piédestal craquelant à la seconde moitié de l’album et y va d’une introspection désarmante. Autre constante : une sélection de beats à tout casser, gracieuseté d’Ajust, Ruffsound et Kable Beatz 

FKA Twigs 

Photo Courtoisie

★★★★½ 

Magdalene 

L’artiste électro R&B revient de loin. En plus d’une rupture amoureuse, FKA Twigs s’est fait retirer des tumeurs à l’utérus. Des expériences aussi souffrantes qu’incapacitantes et qui se retrouvent, vous l’aurez deviné, sur ce second disque faisant suite au plébiscité LP1 paru en 2014. En résulte une œuvre aux sonorités plus sombres que suaves (tout en demeurant sensuelle à souhait) qui fait autant écho à Grimes qu’à Kate Bush, étrangement, tout en étant bien de son temps. Un grand album, donc. 

Leif Vollebekk 

Photo Courtoisie

★★★★ 

New Ways 

Le cheminement du chanteur montréalais est tout particulièrement intéressant. Après des débuts plutôt folk, Leif Vollebekk épatait en 2017 avec Twin Solitude où il expérimentait avec brio avec des références plus soul. L’impact du LP — qui s’est retrouvé parmi les œuvres finalistes au prix Polaris — semble avoir mis la puce à l’oreille à l’artiste à la voix chaude tant le soul s’impose ici. L’effet de surprise n’y est plus, mais les pièces demeurent toujours aussi satisfaisantes. Idéal pour se réchauffer en novembre, donc. 

Coup de coeur  

MAXIME GERVAIS ET LES PÉPITES D'OR  

Photo Courtoisie

★★★½ 

Michel 2 – La Résurrection 

Une partie de ping-pong musicale se déroule actuellement et le pigeon voyage d’Alma à Hochelaga. Un an après la parution de l’éclectique Michel, un polar (oui, oui) à saveur électro kitsch signé Joël Martel et les Pépites d’or, l’auteur-compositeur-interprète et humoriste Maxime Gervais recrute le groupe du premier pour livrer une suite spirituelle à l’œuvre sur fond de critique sociale du web. C’est ridicule, mais assumé et bien fait. Un beau délire ! En écoute ici : maxoslegervoide.bandcamp.com