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Une autre enquête à l’eau!

UPAC Frederick Gaudreau
Simon Clark/Agence QMI Frédérick Gaudreau, patron de l’UPAC

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Croyez-le ou non, mais chaque matin, je me lève en me disant qu’aujourd’hui, je vais être de bonne humeur, optimiste et confiant en l’avenir.

Et puis j’ouvre Le Journal, et tout fout le camp.

Des années de travail aux poubelles

Hier, on a appris que l’UPAC a décidé de tirer la plogue sur une enquête impliquant trois collecteurs de fonds d’un parti politique...

Vite, quel parti, hein ? Quel parti ?

Le Parti libéral sous Jean Charest, oui ! Vous gagnez trois morceaux de robot !

Wow ! vraiment, je suis impressionné...

Avec tous les partis politiques qui existent au Québec, vous avez tout de suite trouvé la bonne réponse !

Chapeau.

Je ne sais pas comment vous avez fait... Ça doit être la chance.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Bref, l’UPAC a tiré la plogue sur une enquête importante visant trois collecteurs de fonds du Parti libéral, qui se seraient enrichis grâce à un tour de passe-passe impliquant la Société immobilière du Québec.

« Merci d’avoir garni les coffres du parti pendant toutes ces années, maintenant, pour vous remercier, nous allons fermer les yeux pendant que vous vous remplissez les poches en faisant des transactions immobilières douteuses et juteuses. »

On soupçonne que c’est ce qui s’est passé. Malheureusement, on ne peut pas le prouver. Les preuves amassées au fil des ans ne seraient pas assez solides pour faire pencher la balance de la justice du bord des procureurs de la Couronne.

Alors plutôt que de se présenter au marbre avec un bâton semi-mou, le nouveau chef de l’UPAC a décidé – le cœur dans l’eau ? – de concéder la défaite et de jeter le dossier aux poubelles.

Comme dirait la laitière de Jean de La Fontaine : « Adieu, enquêtes, écoutes, filatures et témoignages... »

Des enquêtes condamnées ?

Après l’abandon de l’enquête « Projet Contour » sur l’implication de la mafia dans le partage illégal des contrats de la Ville de Montréal, et l’arrêt des procédures contre Franck Zampino, l’ex-numéro 2 de la Ville de Montréal, voici une autre grosse enquête qui tombe à l’eau.

Et on nous dit d’arrêter d’être cynique et de faire confiance au système !

Ben oui, Chose.

Ce qui nous amène à la question quiz de la semaine : est-ce possible de mener d’aussi grosses enquêtes à terme ?

Cette semaine, je lisais que la preuve amassée par les policiers lors de la fameuse opération SharQc contre les Hells en 2009 était si volumineuse que si l’on avait publié chaque document, la hauteur de la pile aurait été équivalente à 371 Empire State Building !

Vous imaginez le temps que cela aurait pris juste pour passer à travers la preuve ?

On a l’impression que ces enquêtes sont si lourdes, si longues et si coûteuses qu’elles sont condamnées à l’échec.

Plus tu t’approches du pouvoir, plus c’est dur de prouver qu’un crime a bel et bien été commis.

Surtout que tu ne te bats pas à armes égales ! Les bandits, eux, se foutent de la loi, alors que les enquêteurs doivent être plus blancs que blancs, sinon on leur tape sur les doigts...

Comment veux-tu gagner dans ces conditions ?

Pas facile

Bref, j’aimerais ça ne pas être cynique, voir le verre à demi-plein et croire aveuglément aux institutions...

Mais maudit que je trouve ça dur !

Thérapie de couple de Richard et Sophie