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Véronique Béliveau: de chanteuse à auteure jeunesse

ART-GALA DES PRIX GÉMEAUX
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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D’aussi loin qu’elle se souvienne, Véronique Béliveau a toujours aimé les histoires pour enfants et leurs personnages colorés. Jeune adulte, même, elle se souvient s’être cachée dans le fond des salles de cinéma pour regarder les dessins animés à l’abri des regards inquisiteurs. Aujourd’hui, elle passe de l’autre côté du miroir, celui des créateurs, en signant son premier livre jeunesse, Thao dans la forêt des lucioles.

« Je suis devenue mère tardivement – j’ai adopté mon fils à 47 ans, et ma fille l’année suivante –, alors pendant longtemps, je n’avais pas d’excuse pour aller voir des films pour enfants, ou m’intéresser aux émissions jeunesse », se remémore Véronique Béliveau en riant.

« Et avant même que j’aie mes enfants, j’avais des tonnes d’animaux en peluche à la maison. Dans ma tête, ils avaient chacun une histoire et une voix bien à eux », poursuit-elle.

À la lumière de ces révélations, pas étonnant qu’elle arrive aujourd’hui avec un tout premier livre pour enfants. L’idée a commencé à germer dans son esprit il y a de cela trois ans, moment où elle a créé le personnage de Thao, une jeune Vietnamienne inspirée de sa propre fille.

Montrer la différence

Cette nouvelle héroïne fait maintenant ses premiers pas dans Thao dans la forêt des lucioles, une fable illustrée par Sabrina Gendron, déposée chez les libraires plus tôt cette semaine.

« Quand mes enfants étaient jeunes, on a lu des tonnes de livres pour enfants. Et je ne me souviens pas avoir vu un seul personnage asiatique », avance Véronique Béliveau.

« C’était important pour moi de faire un livre qui a un message. Je trouve ça beau que les jeunes d’aujourd’hui voient des personnages différents, des personnages qui leur ressemblent, dans les histoires qu’on leur raconte. Aujourd’hui, à l’école, ils côtoient d’autres enfants d’origine différente de la leur, ça fait partie de leur quotidien. C’est tout simplement normal que ça se reflète dans des livres comme le mien », poursuit-elle.

<b><i>Thao dans la forêt des lucioles</i></b><br>
Véronique Béliveau, Sabrina Gendron, Les Éditions de la Bagnole, 44 pages
Photo courtoisie
Thao dans la forêt des lucioles
Véronique Béliveau, Sabrina Gendron, Les Éditions de la Bagnole, 44 pages

Enterrer la chanteuse

Elle semble donc avoir trouvé une nouvelle vocation. Et la musique dans tout ça ? Après tout, Véronique Béliveau a été une icône de la musique pop dans les années 1970 et 1980, quittant définitivement la scène au milieu des années 1990. En entrevue avec Le Journal, elle est visiblement sereine lorsqu’elle aborde cette période désormais révolue de sa carrière. La chanteuse est aujourd’hui enterrée. Littéralement.

« J’ai enterré la chanteuse dans le cimetière de Mauvezin, un village que j’aime beaucoup, dans le sud de la France. C’était très symbolique : j’ai pris des photos de moi sur scène, que j’ai déchirées et que j’ai enterrées dans le cimetière. J’ai pleuré à chacune des photos, mais quand j’ai terminé, je me suis dit que c’était fait. Je pouvais passer à autre chose », relate-t-elle.

C’est ce qu’elle a fait. Et ce qu’elle continue de faire. Car Thao semble bien résignée à la tenir occupée avec de nouvelles aventures. En effet, Véronique Béliveau lancera un nouveau tome l’an prochain, où sa jeune héroïne s’aventurera sur l’île aux Oiseaux. Un bouquin supplémentaire pourrait éventuellement venir terminer la trilogie.

Ce dernier pourrait alors introduire un tout nouveau personnage, celui-ci inspiré du fils de Véronique Béliveau, Antoine.

« Elle n’est pas encore écrite. Mais j’aimerais vraiment qu’il y ait un garçon qui lui ressemble », confie-t-elle.


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