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[PHOTOS] Michel Chartrand était arrêté il y a 50 ans

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 Le 10 novembre 1969, il y a 50 ans, le chef syndical Michel Chartrand était arrêté pour avoir prononcé des paroles « séditieuses » lors d’une assemblée publique au centre Durocher, à Québec.  

Le Journal de Quebec

  Le président du Conseil central de la CSN avait été appréhendé sur l’ordre du ministre de la Justice, Me Rémi Paul, pour ses propos tenus quelques jours auparavant, le 29 octobre, devant 2000 personnes qui protestaient contre le bill 63, une loi linguistique de l’époque.  

 

 « Accusé de sédition : Michel Chartrand arrêté ! » titrait alors Le Journal de Québec avec une photo du militant québécois, sourire aux lèvres et lunettes à la main devant deux policiers en uniforme. Chartrand était ainsi bâillonné jusqu’à nouvel ordre, du moins c’est ce que le tribunal souhaitait. 

M. Chartrand, en compagnie de sa femme, libéré après avoir été incarcéré durant quelques jours à la suite de sa seconde arrestation.
Photo d'archives
M. Chartrand, en compagnie de sa femme, libéré après avoir été incarcéré durant quelques jours à la suite de sa seconde arrestation.

 

 À son arrivée pour sa comparution, il avait été accueilli par une salve d’applaudissements. Comme aucune des paroles reprochées au syndicaliste n’était citée à l’acte d’accusation, la séance avait dérapé. « Le tout tournait à la foire », écrivait votre quotidien il y a un demi-siècle.  

Le Journal de Quebec

  Pour obtenir sa libération, il avait déposé une somme de 2000 $, en plus de s’engager à ne participer à aucune manifestation ni faire de déclaration publique.  

 

 Par ses fonctions, Chartrand plaidait qu’il devait veiller aux intérêts sociaux et économiques des 65 000 ouvriers de la région de Montréal, et cela impliquait nécessairement des déclarations publiques sur les événements au Québec. « Vous ne voulez pas que j’assume mes responsabilités », avait-il lancé.  

 

 Arrêté à nouveau  

 

 À peine 48 heures après sa première arrestation pour sédition, Michel Chartrand était arrêté de nouveau et accusé cette fois de mépris de cour. Il avait toujours clamé qu’il se tairait seulement en prison.  

 

 « Je manifesterai quand je voudrai, et où je voudrai et, s’il le faut, je vais manifester en prison », avait-il mentionné lors de cette seconde arrestation. Après six jours d’incarcération, Chartrand a été libéré sans condition.  

Le Journal de Quebec

  En 1970, pendant la crise d’octobre, il a été arrêté et emprisonné quatre mois. Dans les années 80, le syndicaliste a milité principalement pour les droits des travailleurs accidentés.  

Le Journal de Quebec

 Michel Chartrand était marié à la syndicaliste et écrivaine féministe Simonne Monet-Chartrand. Il est décédé le 12 avril 2010 à l’âge de 93 ans.  

Le Journal de Quebec

 

 – Texte et recherche : Jean-François Racine et Stéphane Doré  

 

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