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[PHOTOS] Voici 10 souvenirs de la Grande Guerre à Québec

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Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, on se souvient des sacrifices que nos soldats ont accomplis pour que nous puissions encore vivre en liberté. Plusieurs y ont laissé leur vie pour une cause qu'ils croyaient juste. Voici 10 épisodes au cours desquels on s'est souvenu de ces hommes et de ces femmes.  

1) La fin de la Grande Guerre 

Publicité tirée du journal l'Action catholique du 11 novembre 1918.
Publicité tirée du journal l'Action catholique du 11 novembre 1918.

Le 11 novembre 1918, on signait enfin l'armistice, c'est-à-dire la suspension des hostilités sur les fronts d'Europe, jusqu'à la signature du traité de Versailles le 28 juin suivant.  

Les Québécois avaient festoyé toute la journée dans les rues de la ville, et ce, malgré le souvenir toujours amer des émeutes de la conscription qui avaient fait quatre victimes, à peine sept mois auparavant.  

On donne rendez-vous à la population au parc de l'Esplanade pour acclamer les vétérans. C'est de là que se mettrait en branle un grand défilé qui allait traverser les rues de la Haute-Ville, de Saint-Roch et de Saint-Sauveur.  

La fête commence à 20h par des canonnades tirées depuis les bateaux amarrés au port, puis par le chant de leurs sirènes. Par la suite, c'était au tour des églises de faire sonner leurs cloches.  

La peur, la tristesse et les sacrifices étaient enfin terminés. Un répit d'à peine une vingtaine d'années, mais ça, on ne le savait pas encore. 

2) La Croix du sacrifice 

Croix du sacrifice, Jacques Trempe.
Croix du sacrifice, Jacques Trempe.

Plusieurs pensent que la Croix du sacrifice de la Grande Allée, située à l'entrée des plaines d'Abraham face au Parlement, a toujours été en place. Ou encore qu'elle aurait été inaugurée en 1918, lors de la signature de l'armistice. Pourtant, elle ne l'a été que le 1er juillet 1924.  

Bien qu'aujourd'hui elle rappelle le souvenir de tous les soldats canadiens morts lors des deux guerres mondiales et de la guerre de Corée, à l'époque elle était dédiée aux soldats morts lors de la Grande Guerre.  

La cérémonie d'inauguration avait eu lieu à 11h en présence des soldats du 22e Régiment et, notamment, de lord Byng de Vimy, gouverneur général du Canada, de sir Georges Garneau, président de la Commission des champs de bataille nationaux, et de Joseph-Octave Samson, maire de Québec. 

3) Le cénotaphe de l’Esplanade 

Cénotaphe de l’Esplanade en 1921, BAnQ, Fonds L'Action catholique.
Cénotaphe de l’Esplanade en 1921, BAnQ, Fonds L'Action catholique.

La Croix du sacrifice de la Grande Allée n'est apparue qu'en 1924. Par conséquent, lors du premier et du deuxième anniversaire de la fin de la Grande Guerre, l’événement était simplement commémoré par une minute de silence, suivie par la musique des cloches de toutes les églises de la ville.  

C'est en 1921 que les choses changent avec une première cérémonie de dépôt de couronnes de fleurs au pied d’un obélisque temporaire, spécialement élevé pour l’occasion. Il était construit en planches de bois au centre de l’Esplanade situé au coin des rues Saint-Louis et D’Auteuil. On renouvellera l’expérience en 1922, puis en 1923.  

C’est en 1924 qu’a lieu la première cérémonie à l'actuelle Croix du sacrifice. Depuis ce jour, c’est à cet endroit qu’à chaque 11 novembre, militaires actifs et vétérans se donnent rendez-vous pour se souvenir de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie au cours de la Première Guerre mondiale et de tous les conflits armés qui ont suivi et auxquels les soldats canadiens ont participé. 

4) Beau temps, mauvais temps 

William B. Edwards, BAnQ, Fonds Michel Lessard.
William B. Edwards, BAnQ, Fonds Michel Lessard.

Le 11 novembre 1934, la seizième cérémonie du jour du Souvenir est particulière : elle a lieu en pleine tempête de neige.  

Malgré la poudrerie, la fanfare du Royal 22e Régiment ouvre le défilé vers la Croix du sacrifice. Elle est suivie de la réserve navale, de corps de milice, de scouts et de cadets, d’un détachement de pompiers et de policiers de la Gendarmerie royale ainsi que d’officiels religieux et laïques.  

Parmi ces derniers se trouvent notamment le maire Joseph-Ernest Grégoire, des représentants des gouvernements fédéral et provincial, le lieutenant-gouverneur Ésioff-Léon Patenaude, de même que le général McNaughton, chef d’état-major du Canada. Ils déposent leurs tributs floraux près de la Croix.  

Une fois la cérémonie terminée, tous se dirigent vers l’Esplanade pour déposer d’autres couronnes de fleurs au pied du monument aux soldats de la guerre des Boers. À cette époque, la cérémonie avait lieu en après-midi. 

5) Encore la guerre 

Armistice 1940, BAnQ, Collection initiale, W. B. Edwards.
Armistice 1940, BAnQ, Collection initiale, W. B. Edwards.

En 1940, le 22e anniversaire de la signature de l'armistice avait pris une nouvelle signification. Jusque-là, on avait commémoré la mémoire des soldats morts lors de la Première Guerre mondiale. Cette fois-ci, on était de nouveau en guerre.  

Ce matin du 11 novembre 1940, il y avait à la Croix du sacrifice de Québec quelque 4000 soldats, tant de l'armée que de la marine, de l'aviation et de la réserve, en plus de policiers de la Gendarmerie royale du Canada.  

Enfin, près de la porte Saint-Louis et tout au long du parcours du défilé militaire, de nombreux spectateurs pensifs s'étaient massés. 

6) La bataille de la crête de Vimy 

La Croix de Vimy de la Citadelle de Québec en 2007, Wikimedia Commons.
La Croix de Vimy de la Citadelle de Québec en 2007, Wikimedia Commons.

À l’aube du 9 avril 1917, des soldats canadiens lancent une attaque sur la crête de Vimy détenue par les Allemands. Longue de sept kilomètres, elle se situe dans le nord de la France. Des troupes françaises avaient déjà tenté de reprendre ce territoire, mais en vain.  

Jusqu’au 12 avril, les troupes canadiennes, dont des hommes du 22e Bataillon, qui allait devenir le célèbre Royal 22e Régiment, avanceront pouce par pouce et reconquerront finalement ce lieu stratégique, complétant même l’assaut à la baïonnette. L’opération coûte la vie à 3600 fantassins canadiens et en blesse 7000 autres.  

On dit de cette bataille qu’elle a donné à l’armée canadienne une réputation de troupes redoutables et efficaces. Une croix rapportée de Vimy trône depuis les années 1920 en bordure du terrain de parade de la citadelle.  

Outre le jour du Souvenir, chaque mois avril, les soldats du R22R s'y rassemblent pour commémorer cet événement. 

7) Hommage aux soldats du 22e Bataillon 

Hommage aux soldats du 22e Bataillon canadien-français, mai 1919, BAnQ.
Hommage aux soldats du 22e Bataillon canadien-français, mai 1919, BAnQ.

En mai 1919, on avait organisé plusieurs célébrations pour accueillir les hommes du 22e Bataillon canadien-français à leur retour du front, à la suite de la fin de la Première Guerre mondiale.  

À Québec, les soldats étaient arrivés à la gare du Palais, d'où ils avaient paradé jusqu'à la basilique-cathédrale pour assister à une cérémonie religieuse en leur honneur.  

Par la suite, ils avaient marché en rang jusqu'au Manège militaire, où on leur avait réservé d'autres cérémonies. 

Partout dans la ville, on avait érigé des arcs de triomphe, dont celui trônant au coin de la Grande Allée et de la rue D'Artigny.  

Malgré une pluie diluvienne, les Québécois s'étaient déplacés par milliers pour venir rendre hommage à leurs héros. 

8) Retour de guerre de deux pères capucins 

Parade en automobiles en l'honneur du retour des pères capucins de France après la guerre, 1919, BAnQ.
Parade en automobiles en l'honneur du retour des pères capucins de France après la guerre, 1919, BAnQ.

Le 15 juin 1919, après cinq ans d’absence, les pères Grégoire et Marie-Louis, deux capucins de Toulouse connus à Québec, revenaient enfin de la Grande Guerre dans la paroisse Saint-Charles-de-Limoilou.  

L’armistice les trouva, l’un prisonnier en Allemagne, l’autre dans les tranchées de première ligne, mais tous deux sains et saufs.  

Lorsqu’ils débarquent à Québec, ils sont accueillis par des frères capucins, le bataillon des petits zouaves et de nombreux amis. La fanfare attaque La Marseillaise. Plusieurs citoyens ont prêté leur voiture, si bien que 30 automobiles rangées en deux files avancent vers l’église de Limoilou.  

Sur la 8e Avenue, des sœurs, accompagnées de 1200 élèves, forment le cortège. Les pères pénètrent ensuite dans la chapelle. La foule les y suit et chante avec ferveur le Magnificat de l’Action de grâces.  

Quelques jours plus tard, le père Grégoire célèbre un service officiel où l’on prie pour les soldats de Limoilou morts à la guerre ainsi que pour les pères de la communauté (frère Jacques Mathieu). 

9) La plaque Winged Victory 

Plaque Winged Victory située à la gare du Palais, J.F. Caron.
Plaque Winged Victory située à la gare du Palais, J.F. Caron.

À la suite de la Grande Guerre, plusieurs mémoriaux sont mis en place pour commémorer ceux qui avaient donné leur vie pour la liberté. En 1921, le Canadian Pacific Railway Company emboîte le pas et dévoile le monument Winged Victory (l’Ange de la victoire) à Vancouver.  

L’année suivante, elle en fait produire une copie qu’elle installe à Winnipeg, puis elle récidive en 1923 à la gare Windsor de Montréal.  

Elle fait également placer 23 plaques commémoratives sur des bureaux et des gares de son réseau.  

Ces plaques reprennent le texte apparaissant sur le piédestal des trois monuments.  

C’est l’une d’elles que l’on retrouve à droite de l’entrée principale de la gare du Palais. La plaque, bien que magnifique, est unilingue anglaise. En voici une traduction : 

«Cette plaque commémore ceux qui, au service de la compagnie de chemin de fer du Canadien Pacifique, ont répondu à l'appel du roi et du pays, ont quitté tout ce qui leur était cher, ont affronté des difficultés et le danger et, par devoir et par sacrifice de soi, ont renoncé à leur propre vie pour que d'autres puissent vivre dans la liberté. Que ceux qui suivent veillent à ce que leurs noms ne soient pas oubliés.» 

10) Des trophées de guerre 

Canon allemand capturé près de Feuchy sur la route Arras-Cambrai, avril 1917, Imperial War Museum, Q5160.
Canon allemand capturé près de Feuchy sur la route Arras-Cambrai, avril 1917, Imperial War Museum, Q5160.

Lors d'un conflit armé, il est de coutume que l'armée victorieuse rapporte avec elle des trophées de guerre. Généralement, il s'agit des drapeaux de l'armée adverse ou de ses canons.  

À Québec, la Première Guerre mondiale est commémorée de diverses façons, que ce soit par la Croix du sacrifice de la Grande Allée ou par celle de Vimy à la Citadelle.  

On retrouve également un ensemble de sept pièces d’artillerie allemandes saisies lors du conflit. Elles sont situées sur les plaines d'Abraham, derrière le Manège militaire.  

Ces trophées de guerre, représentations tangibles de la victoire, avaient une valeur de symbole aux yeux du Corps expéditionnaire canadien.  

Par exemple, l'un d'eux a été saisi lors de la bataille de la crête de Vimy d'avril 1917 au cours de laquelle les militaires canadiens se sont imposés comme un groupe de combattants redoutables. 

Un texte de Jean-François Caron, historien  

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