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Don Cherry renvoyé après des propos controversés sur les immigrants

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 Le commentateur de hockey Don Cherry a été congédié par le réseau Sportsnet, lundi après-midi.  

 Ce congédiement fait suite aux propos controversés tenus à l’antenne par Cherry au sujet des immigrants, samedi soir, lors du segment Coach's Corner de Hockey Night in Canada.      

 «Le sport rassemble les gens; il nous unit plus qu’il nous divise. Après discussion avec Don Cherry suivant l’émission de samedi, il a été décidé que le moment est venu pour lui de laisser sa place. Sur les ondes, il a fait des remarques qui divisent, qui ne représentent pas nos valeurs et ce que nous défendons», a indiqué le président de Sportsnet, Bart Yabsley, par voie de communiqué.    

 «Don est synonyme de hockey et a joué un rôle très important dans le développement du sport ces 40 dernières années. Nous voulons remercier Don pour sa contribution dans la diffusion du hockey et du sport au Canada.»    

 À l’approche du jour du Souvenir, Cherry avait blâmé les immigrants de ne pas acheter suffisamment de coquelicots en hommage aux soldats canadiens.    

 «Vous qui venez ici, vous aimez notre manière de vivre, notre lait, notre miel. [...] Vous pourriez au moins payer quelques dollars pour acheter des coquelicots ou quelque chose du genre», a dit l’homme de 85 ans. «Ces hommes ont payé pour le mode de vie que vous appréciez au Canada.»    

 Ces propos ont soulevé l’indignation sur les réseaux sociaux et plusieurs ont réclamé le congédiement de Cherry. Le Canadian Broadcast Standards Council a d’ailleurs été submergé de plaintes à ce sujet.    

 Pas de regrets  

 Malgré tout, Cherry ne s’est pas excusé ni rétracté après avoir perdu son emploi des 35 dernières années.    

 «Je sais ce que j’ai dit et je le pensais», a-t-il indiqué au quotidien Toronto Sun. «Tout le monde devrait porter un coquelicot pour honorer nos soldats décédés.»    

 «J’ai dit la vérité et j’affronte la tempête, a-t-il poursuivi. J’ai visité nos troupes dans leurs bases militaires, je suis allé en Afghanistan à Noël pour voir nos braves soldats, je suis allé dans les cimetières partout dans le monde où sont enterrés ceux qui sont tombés au combat, et je les ai honorés dans mes interventions télévisées.»    

 «Je ne peux pas me transformer en robot apprivoisé pour garder mon emploi», a-t-il conclu.    

 Seul contre tous  

 Les autres intervenants impliqués dans l’émission Hockey Night in Canada se sont rapidement dissociés des propos de Cherry, dimanche. Sportsnet s’est d’abord excusé, puis la Ligue nationale de hockey (LNH) a condamné l’intervention du commentateur sur Twitter.    

 «Le hockey excelle lorsqu’il rassemble les gens. Les commentaires qui ont été faits hier soir [samedi] étaient offensants et contraires aux valeurs qui nous animent.»    

 L’animateur Ron MacLean a également fait son mea culpa à la suite des événements. «Don Cherry a fait une remarque blessante, discriminatoire, et qui ne reflète pas ce que représente Rogers ou Sportsnet, a-t-il fait savoir. Nous savons que la diversité est une force du pays. Je vous dois aussi mes excuses. J’étais là, je n’ai pas réagi et je n’ai pas répondu. [...] Je crois que c’est une bonne leçon pour Don et moi. Nous avons eu tort et je m’en excuse sincèrement.»    

 Cherry et MacLean présentaient Coach's Corner ensemble depuis 1986. L’introduction du segment montrait notamment des images de Cherry, alors qu’il était entraîneur-chef des Bruins de Boston, pendant le fameux match numéro sept de la demi-finale de la Coupe Stanley contre le Canadien de Montréal en 1979.    

 Un personnage controversé  

 Le départ de Cherry ne devrait pas trop attrister les Québécois, qui ont souvent été la cible des railleries du commentateur. Parmi les nombreuses controverses qu’il a soulevées dans la Belle Province, il y a eu celle entourant le refus d’Eric Lindros de se joindre aux Nordiques de Québec.    

 «Vous ne voulez pas parler en anglais, vous ne voulez pas d’universités anglaises», avait dit l’analyste lors de son segment en 1991. «Pourquoi croyez-vous qu’un jeune homme de 18 ans de l’Ontario ne veut pas jouer là-bas? Il a peur.»    

 Cherry s’en était aussi pris au skieur québécois Jean-Luc Brassard pendant les Jeux olympiques de Nagano, en 1998. «Ils [les Canadiens de langue française] n’aiment pas le drapeau canadien. C’est drôle qu’ils ne veuillent pas du drapeau, mais qu’ils veuillent notre argent, avait-il dit. Et on choisit un skieur que personne ne connaît», en référence à Brassard, sélectionné comme porte-drapeau du Canada pour la cérémonie d’ouverture des Jeux.