/entertainment/tv
Navigation

Occupation double se fait reprocher de banaliser l’intimidation

Occupation double
Photo courtoisie, VTélé Karl, Mathieu et Louis ont tenu des propos qui volaient bas contre Kevin dans l’épisode de dimanche d’Occupation double Afrique du Sud.

Coup d'oeil sur cet article

«Une vidange», «un déchet depuis le début», «un fucking trou de cul»...Des téléspectateurs accusent la production d’Occupation double Afrique du Sud de banaliser l’intimidation.

Kevin
Courtoisie Production J
Kevin

L’émission de dimanche semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase. Après sa diffusion, une pétition intitulée «Stop à l’intimidation OD Afrique du Sud» a été mise en ligne au change.org. Destiné à Julie Snyder, productrice d’Occupation double Afrique du Sud pour Productions ToRoS, et Maxime Rémillard, président du Groupe V Média, le document leur reproche de «prôner la haine et l’injure» en négligeant d’intervenir pour mettre un terme au comportement de certains candidats, soit Mathieu et Karl.

Depuis plus d’un mois, le tandem ne manque aucune occasion de rabaisser Kevin, un gérant de bar de 29 ans originaire de Québec. Les deux concurrents le qualifient de vidange à chaque émission. Des exemples? Après l’élimination d’un autre participant, Mathieu, un mannequin et barman de Drummondville, a déclaré : «On a perdu un boy quand y’a encore d’la vidange qui reste à vider l’autre bord.» Plus tard, le jeune homme de 24 ans a qualifié Kevin de «poubelle» et d’«ostie de vieille souche».

Karl
Courtoisie Production J
Karl

Dans l’épisode de dimanche, Karl, un entrepreneur en construction de 31 ans de Sainte-Thérèse, a renchéri en disant qu’il fallait «sortir les bonnes vidanges, les vidanges qui puent le plus». Leur co-chambreur Louis, un gestionnaire en événementiel de 27 ans de Québec, a rappliqué en traitant Karl d’«asshole» (en français, trou de cul). Ces belles images – et paroles – ont été vues par près de 800 000 personnes, selon les données préliminaires de Numéris.

Un mauvais exemple à donner

En diffusant ces images, V cautionnerait ce type de comportement, indique Stéphane Villeneuve, professeur au département de didactique de l’UQAM et expert en intimidation. Il s’agit également d’un mauvais exemple à donner aux jeunes téléspectateurs influençables qui raffolent d’Occupation double, souligne M. Villeneuve au Journal.

«[Les dirigeants de V] doivent s’excuser et indiquer clairement aux jeunes que ce n’est pas un exemple à suivre, que l’intimidation n’a pas sa place dans la société. Pour eux, ce serait une façon de rattraper l’erreur qu’ils ont fait de diffuser le tout de façon délibérée. Ils savaient ce qu’ils montraient aux gens.»

Des excuses

La pétition mise en ligne sur change.org a fait réagir Productions ToRoS. Lundi matin, sur Facebook, l’entreprise de Julie Snyder a présenté ses excuses. L’équipe de production affirme avoir «rencontré et sensibilisé les participants à plusieurs reprises» durant la saison au sujet des «propos qu’ils entretiennent les uns envers les autres». La plus récente rencontre s’est tenue après l’épisode de dimanche. On leur aurait réitéré «que certains propos et comportements» sont inacceptables.

Mathieu
Courtoisie Production J
Mathieu

Sur Facebook, les producteurs parlent de «leçon» et affirment qu’ils seront «encore plus vigilants» au cours des prochaines semaines. Ce billet a suscité une vive réaction des fans d’Occupation double. Plusieurs d’entre eux ont souligné combien il était absurde de voir une telle situation au petit écran, alors qu’on multiplie les campagnes contre l’intimidation, particulièrement dans les écoles. Mercredi dernier, le gouvernement du Québec lançait d’ailleurs le mouvement #chaquepersonnecompte, le nouveau volet d’une campagne contre la cyber-intimidation.

Dans un courriel transmis au Journal, le directeur principal, communications et marketing, à Groupe V Média, Michaël Majeau a simplement déclaré que V appuyait la démarche de Productions ToRoS.

Selon le site web du Gouvernement du Québec, on peut conclure qu’il y a intimidation quand les paroles (ou les gestes) visent à nuire à quelqu’un, sont dotés d’un caractère répétitif et sont posés dans un contexte d’inégalité des rapports de force.