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Desjardins: les oppositions dénoncent «l’attitude cavalière» de Simon Jolin-Barrette

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Les partis d’opposition dénoncent la méthode «cavalière» utilisée par le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, pour convoquer Desjardins à l’Assemblée nationale sur la fuite des données personnelles de ses membres.  

Le gouvernement Legault, qui refuse depuis l’été aux partis d'opposition d’en profiter pour faire comparaître aussi Revenu Québec, a décidé de recourir à une procédure plutôt rare pour imposer sa propre liste d’intervenants.  

Le texte de la motion sans préavis ébruité en toute fin de journée, mardi, prévoit que seuls Desjardins, l’Autorité des marchés financiers, Equifax, la Sûreté du Québec, l’Association des banquiers canadiens et un expert universitaire seront entendus, le 21 novembre prochain, pendant une heure.  

Photo Simon Clark

Déception  

Selon le député libéral Carlos Leitao, cette procédure parlementaire, qui ne requiert pas le consentement des partis d’opposition, «n’a pas été utilisée depuis une quinzaine d’années».  

«C’est une façon de faire un peu cavalière», a déploré M. Leitao, qui comme les autres partis d’opposition, aurait préféré une consultation élargie.  

«C'est un peu cheap comme façon de faire. [...] C’est de la poudre aux yeux», a pesté le député de Québec solidaire, Vincent Marissal, en accusant M. Jolin-Barrette de faire preuve «d’arrogance», pour essayer de faire «diversion» sur les difficultés éprouvées par le gouvernement.  

«C’est un ballon politique», a indiqué de son côté le leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet. «C’est sûr qu’on rate la cible», regrette le député de René-Lévesque, qui croit que la CAQ cherche à garnir son bilan à l’approche de la fin de la session parlementaire.  

Girard promet des actions  

Le ministre des Finances, Éric Girard, a expliqué de son côté qu’après avoir appris que l’ensemble des membres de Desjardins étaient finalement touchés, le gouvernement se devait de «prendre ses responsabilités».  

«On va aller chercher de l’information, pour les membres, pour les gens qui ont eu leurs données personnelles compromises», a dit M. Girard, en rappelant que trois projets de loi sont en préparation, concernant les agences de crédit, la protection des données personnelles et la cybersécurité.  

Photo Simon Clark

«Le gouvernement est en action», a-t-il souligné, en répétant une formule empruntée le jour où Desjardins a porté le bilan des victimes de la fuite de données à 4,2 millions de membres.  

«Je tiens à dire qu'il s'agit toujours du même incident», avait alors minimisé M. Girard, en tentant de se faire rassurant, sans toutefois annoncer d'action supplémentaire.  

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