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[EN IMAGES] Une centrale beaucoup plus chère que prévu

Les coûts de la réorganisation policière à Québec bondissent à 124 millions $

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La Ville de Québec a complètement revu les plans de la nouvelle centrale de Charlesbourg, ce qui fera passer le budget de la réorganisation policière de 72 M$ à 124 M$.   

Attendus depuis belle lurette, les détails du projet ont enfin été dévoilés, mercredi, par le chef du SVPQ, Robert Pigeon, et des hauts fonctionnaires. M. Pigeon a refusé de parler d’« explosion des coûts » puisqu’il ne s’agit plus du tout du même projet et qu’aucun sou n’a encore été engagé, à l’exception de l’achat du terrain sur Pierre-Bertrand – jugé trop petit – qui sera revendu.      

  • Visionnez l'entrevue de Robert Pigeon à QUB Radio avec Jonathan Trudeau  

Photo courtoisie, Ville de Québec

À son arrivée en poste, en 2016, M. Pigeon dit avoir forcé la main de l’administration Labeaume pour qu’elle refasse ses devoirs. Le terrain choisi « ne concordait pas » avec les besoins du service de police.    

« C’était un cas de page blanche. Tout le monde était bien intentionné, mais ça ne marchait pas », a admis le maire Régis Labeaume, qui avait blâmé son bras droit à l’époque, Jonatan Julien, pour l’avoir « échappé » dans ce dossier. Insulté, M. Julien avait remis sa démission.    

Photo courtoisie, Ville de Québec

Le maire a dit prendre «sa part de blâme» et n’avait pas du tout envie de parler de l’incident avec M. Julien. «C’est inutile de revenir là-dessus. Ça ne donne absolument rien. Le projet n’était pas viable, il n’était pas bon, et j’ai mis fin au projet. C’est passé, puis Jonatan, ça ne l’intéresse pas non plus. Ça arrive dans la vie, puis c’est terminé», a-t-il commenté.    

<b>Robert pigeon</b><br /><i>Chef du SPVQ</i>
Photo Stevens Leblanc
Robert pigeon
Chef du SPVQ

Construction d’ici 2023  

Pas moins de 750 policiers et civils seront rattachés à la future centrale qui sera construite d’ici 2023. Elle coûtera à elle seule 98,5 M$ et aura une superficie de 14 500 mètres carrés – soit 3500 mètres carrés de plus que l’ancien projet sur Pierre-Bertrand – avec un grand stationnement de 12 200 mètres carrés.     

La nouvelle centrale intègre désormais le centre de formation, la centrale 911, la direction, les affaires publiques, les affaires internes, le soutien juridique et la gestion des équipements motorisés, ce qui représente 183 personnes de plus que ce qui avait été prévu, il y a quelques années.      

Photo Stevens Leblanc

La gestion centralisée permettra de mieux répartir les patrouilleurs sur le territoire, a plaidé M. Pigeon, et de répondre «parfaitement aux besoins opérationnels».     

Il a affirmé que le projet respecte la capacité de payer du citoyen et qu’il permettra même de réaliser des économies de 18,8 M$ sur 25 ans avec la résiliation de baux et la libération d’espaces. Les coûts d’exploitation demeureront les mêmes, malgré l’ajout de policiers, grâce à la réduction anticipée des heures supplémentaires.    

Photo Stevens Leblanc

«DURE À AVALER»  

«Ça va coûter au moins 124 millions $ pour la nouvelle centrale de police et F.X. Drolet [...] Le maire a complètement perdu la valeur de l’argent» —Jean-François Gosselin, chef de Québec 21    

«[Ce dossier] a été pourri du début à la fin [...] On passe d’une centrale, qui inclut l’édifice F.X. Drolet, de 72 millions $ à 123 millions $. On a une augmentation de 50 millions $. C’est une méchante grosse bouchée. Elle est dure à avaler». —Jean Rousseau, conseiller municipal de Démocratie Québec    

«Le transfert de la majorité des patrouilleurs à la centrale du parc Victoria, un immeuble vétuste qui ne répond plus aux normes minimales de commodités, est un choix douteux. Ça fait des lustres que cet immeuble n’est plus adapté aux besoins opérationnels du SPVQ, à ceux de nos membres [...]. Nos gens sont actuellement à La Haute-Saint-Charles et à Charlesbourg, dans des postes qui sont sains et adéquats. Pourquoi les déménager tout de suite?» —Marc Richard, président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec    

PROJET DE RÉORGANISATION POLICIÈRE  

Nouveau quartier général à Charlesbourg   

  • (Intersection de l’autoroute Laurentienne et du boulevard Louis-XIV)     
  • Construction prévue : août 2021 à novembre 2023     
  • Coûts de construction (gérance par lots) : 73,7 M$  
  • Autres frais et honoraires professionnels : 17,4 M$  
  • Contingences de construction : 7,4 M$  
  • Sous-total : 98,5 M$ + terrain (3 M$) = 101,5 M$    

Poste F.-X. Drolet (cour municipale et poste de quartier)    

  • (Intersection de la rue du Pont et de la rue du Prince-Édouard)     
  • Construction prévue : novembre 2020 à avril 2022     
  • Coûts de construction (gérance par lots) : 17,4 M$  
  • Autres frais et honoraires professionnels : 3,3 M$  
  • Contingences de construction : 1,7 M$  
  • Sous-total : 22,4 M$   


GRAND TOTAL : 123,9 M$   

Fermeture de deux autres postes de police  

La réorganisation policière entraînera bel et bien la disparition des postes de Charlesbourg et de La Haute-Saint-Charles en 2023, a-t-on confirmé mercredi.    

Les patrouilleurs déménageront même à la centrale du parc Victoria dès le printemps prochain, une décision contestée à l’interne et décriée par l’opposition qui ne comprend pas l’urgence de ce redéploiement. Le chef du SPVQ, Robert Pigeon, persiste dans cette voie et invoque une décision «purement opérationnelle et tactique». Pas moins de 147 patrouilleurs seront rapatriés à la vétuste centrale du parc Victoria en attendant la fin des travaux. La vieille centrale «n’est pas insalubre et elle est parfaitement capable d’assumer son rôle durant la transition», a-t-il plaidé. «J’installerai moi-même mon bureau dans la centrale.»    

D’autres unités du SPVQ utiliseront les locaux de Charlesbourg et de La Haute-Saint-Charles jusqu’à leur fermeture.     

Le choix du terrain près de Laurentienne a été «unanime»  

La Ville de Québec a dévoilé, mercredi, la liste des 15 sites qui ont fait l’objet d’une analyse, avant que son choix s’arrête sur le terrain au nord du boulevard Louis-XIV, pour sa future centrale, à proximité de l’autoroute Laurentienne.    

Les terrains ciblés étaient situés dans un rayon de quelques kilomètres, entre l’autoroute Robert-Bourassa et l’avenue du Colisée. Un seul terrain plus à l’est – à l’angle du chemin de la Canardière et de Henri-Bourassa – a été considéré. Le plus grand terrain longeait la rue du Marais près du Réno-Dépôt. Les autres étaient situés dans Lebourgneuf ou à Vanier.    

«Lorsqu’est venu le temps de choisir le site, ce n’est pas la Ville qui nous l’a imposé. Je me suis présenté dans une rencontre avec mes trois directeurs adjoints, et on a fait venir les 11 commandants du service, puis on a mis les 15 sites sur la table et, de façon unanime, c’est celui-là qui a été retenu», a raconté le chef Robert Pigeon.    

Un garage à 10 M$ pour éviter le dégivrage  

Les voitures de patrouille, les véhicules banalisés et les autres véhicules spécialisés du SPVQ auront finalement un toit pour se protéger des intempéries.    

La Ville de Québec a accepté d’investir «une dizaine de millions» dans un garage tempéré, dans un souci d’efficacité pour le déploiement des effectifs sur le terrain. «On l’a accepté puis on pense que ça a du bon sens. Pour être rapide, opérationnel, efficace, ça doit être comme ça», a fait valoir le maire Régis Labeaume mercredi.     

«Ce n’est pas du chrome là, c’est juste normal, logique, intelligent et efficace. Les policiers, ils vont gratter leur voiture personnelle, mais moi, je ne pense pas que ç’a du bon sens quand t’es appelé sur un call de passer 15 minutes à déglacer», a ajouté le maire, rappelant que les voitures de patrouille sont de plus en plus équipées d’outils technologiques.