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Une création théâtrale brillante et accomplie

Le collectif des Sœurs Amar étonne avec Nikki ne mourra pas

Lé Aubin et Érika Gagnon brillent, dans les rôles d’une jeune femme qui essaie de vivre son adolescence et d’une mère qui, elle, sombre progressivement dans l’alcool et la dépression, dans la pièce de théâtre Nikki ne mourra pas. Un mélange qui peut devenir fort toxique.
Photo courtoisie, Cath Langlois Lé Aubin et Érika Gagnon brillent, dans les rôles d’une jeune femme qui essaie de vivre son adolescence et d’une mère qui, elle, sombre progressivement dans l’alcool et la dépression, dans la pièce de théâtre Nikki ne mourra pas. Un mélange qui peut devenir fort toxique.

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Les sœurs Amar souhaitaient depuis quelques années travailler sur un projet artistique commun. Nikki ne mourra pas, leur première collaboration, est une superbe réussite. Un objet théâtral accompli.

À l’affiche à Premier Acte, jusqu’au 30 novembre, Nikki ne mourra pas raconte l’histoire d’une jeune femme de 16 ans qui vit avec une mère qui sombre dans l’alcool et la dépression.

Nikki tente, avec le peu de bagages qu’elle a, d’aider sa mère, mais la condition de cette dernière affecte sa fille. Elle a peur de devenir comme sa mère. On suit donc le quotidien de Nikki à travers sa relation avec sa mère, son ami Tom et son amoureux Christophe.

Pour son premier opus, Laura Amar livre un texte de qualité, bien ficelé, intelligent, vif, rythmé, drôle et surtout moderne. La jeune auteure, qui est aussi comédienne, touche, avec brio, à une panoplie de tons et d’émotions.

L’histoire est bien tournée. On retrouve un bel équilibre entre le drame, la légèreté et l’humour. Les temps morts sont très rares.

La trame sonore, composée par sa sœur Claude, avec ses moments rythmés et introspectifs, est très intéressante. Elle est un peu envahissante, toutefois, lors d’un segment où Nikki décrit le rêve qu’elle vient de faire.

Florence Amar, qui est artiste de cirque, amène des éléments de mise en scène qui sont à l’origine de séquences inventives et réussies.

Les comédiens, à certains moments, tapent des mains, à travers la musique. Ils deviennent, parfois, des équilibristes et se lancent dans des positions un peu acrobatiques. Les différents éléments de chorégraphie utilisés dynamisent l’objet théâtral.

Une énorme surprise

Une séquence où Nikki et son ami Tom sont dans une voiture est savoureuse et amusante.

Tout comme ce segment où la fille et la mère se parlent sans s’écouter. Nikki aborde sa première nuit avec son amoureux pendant que sa mère parle de ses roses devant le réfrigérateur.

Lé Aubin est pleine de crédibilité dans le rôle de Nikki. Son langage corporel et sa façon de parler épousent à la perfection ceux de son personnage. Érika Gagnon habite, avec un jeu physique et ses déplacements, les émotions d’une femme qui s’enfonce. Elle est excellente.

Étienne D’Anjou amène une belle contrepartie avec le personnage de Christophe. Tout comme Vincent Legault, drôle et solide, dans le rôle du meilleur ami de Nikki.

Nikki ne mourra pas est une énorme surprise dans cette première portion de la saison théâtrale 2019-2020. C’était la première fois que les sœurs Claude, Florence et Laura Amar unissaient leurs talents. Souhaitons que ça ne soit pas la dernière. Le potentiel semble énorme.