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Des investissements dans des technologies chinoises controversées

Le bas de laine des Québécois y détient des investissements d’environ 277 millions $

HIKVISON-USA/
Photo REUTERS Les gens visitant le kiosque de Hikvision au Salon de la sécurité à Shanghai, en Chine, le 24 mai 2019.

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La Caisse de dépôt continuera d’investir dans des entreprises de haute technologie chinoises qui se trouvent sur la liste noire des États-Unis en raison des violations des droits de la personne contre une minorité musulmane.

« Nous considérons nos investissements en Chine, qui vont au-delà de ces très petits investissements, dans une perspective de long terme, car il s’agit d’une économie de très grande importance dans le monde », a indiqué le porte-parole de la Caisse Maxime Chagnon.

En juin dernier, notre Bureau d’enquête révélait que la CDPQ détenait des investissements d’environ 277 M$ dans des entreprises chinoises de haute technologie liées à des violations des droits de l’homme en Chine.

Pékin utiliserait des caméras de reconnaissance faciale à des fins de profilage racial pour surveiller les Ouïghours.

Composée de 13 millions d’âmes, la minorité musulmane des Ouïghours de la province autonome du Xinjiang subit l’oppression du gouvernement chinois. Cela fait les manchettes partout sur le globe, et la situation est fortement dénoncée par Human Rights Watch dans un rapport exhaustif. Le gouvernement du Xinjiang a lancé la campagne « Frapper fort contre le terrorisme violent ».

Les algorithmes générés par de la vidéosurveillance de reconnaissance faciale de masse permettraient au gouvernement chinois de contrôler la population. Plus d’un million de Ouïghours seraient détenus dans des camps de rééducation politique.

Hikvision

L’Agence France Presse rapportait récemment que le département américain du Commerce a annoncé avoir placé 28 organisations gouvernementales et commerciales chinoises sur la liste noire, leur interdisant d’importer des produits depuis les États-Unis.

« Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas tolérer et ne toléreront pas la répression brutale des minorités ethniques à travers la Chine », a mentionné Wilbur Ross, secrétaire au Commerce des États-Unis.

Sur cette liste noire se trouve l’entreprise Hikvision, spécialiste de la vidéosurveillance. L’entreprise participe à la création de l’application de surveillance de masse qui est utilisée par la police du Xinjiang. Elle se spécialise dans la reconnaissance faciale. La Caisse détient près de 12 millions d’actions d’une valeur de 60 M$ dans cette entreprise.

Changement de ton

À la suite du reportage de notre Bureau d’enquête, la Caisse s’était dite « inquiète ». Elle étudiait « les possibilités » de se retirer des titres visés par la Human Rights Watch dans la répression des Ouïghours. 

Or, le discours de la Caisse semble avoir changé, et ce, malgré la pression des États-Unis sur Pékin. 

« Nous n’avons rien de nouveau à ajouter sur Hikvision et nous ne commentons pas nos transactions de titres au jour le jour. Nous faisons une divulgation complète de nos détentions au 31 décembre de chaque année, à l’occasion de la publication des renseignements additionnels de notre rapport annuel », a mentionné le porte-parole de la Caisse.

Sur les autres titres visés dans la liste noire et par le Human Rights Watch, la Caisse dit qu’elle n’a « rien à déclarer ».

LES ENTREPRISES VISÉES DANS LESQUELLES LA CAISSE INVESTIT

Hikvision

12 millions d’actions d’une valeur de 60 M$ 

Baidu 

217 M$ en actions

Dahna  

9300 actions

iFlytek  

6700 actions