/opinion/columnists
Navigation

Que les tractations commencent

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre Justin Trudeau a passé la semaine à recevoir dans son bureau les chefs des partis d’opposition. Ces derniers ont offert, à la sortie, une idée de la posture qu’ils adopteront au sein d’un parlement éclaté. 

Justin Trudeau, l’acrobate

Photo REUTERS

Justin Trudeau se retrouve forcé de jongler avec les priorités politiques de ses adversaires, afin de faire fonctionner son gouvernement minoritaire. Le discours du trône du 5 décembre prochain fera mention de baisses d’impôts. Ce ne sera probablement pas assez pour attirer la faveur des conservateurs d’Andrew Scheer. Une bonne partie du programme libéral le place en confrontation directe avec M. Scheer, qui a, de toute façon, montré peu de signes de collaboration. M. Trudeau a laissé entendre cette semaine qu’il a l’intention de faire avancer le dossier d’une assurance médicaments. Sa démarche sera-t-elle assez ambitieuse pour attirer la faveur du NPD ?

Andrew Scheer, intraitable

Photo REUTERS

Le chef de l’Opposition officielle, Andrew Scheer, ne semble pas vouloir céder un pouce aux libéraux. 

Ses demandes au premier ministre sont un long copier-coller de sa plateforme électorale. L’attitude de M. Scheer est conditionnée par l’affaiblissement de son leadership. Il semble croire que sa survie politique repose sur l’emploi de la ligne dure. Officiellement, pour l’instant, M. Scheer se garde une gêne par rapport à un éventuel appui au discours du trône. Les conservateurs attendent la composition du cabinet, mercredi prochain, avant d’ouvrir leur jeu.

Yves-François Blanchet, le bon prince 

Photo Agence QMI, STEVE MADDEN

De tous les partis d’opposition, le Bloc québécois est celui qui a démontré la plus grande ouverture au discours du trône en particulier, et au gouvernement Trudeau en général. Son chef, Yves-François Blanchet, envoie ainsi le signal que sa formation se veut constructive à Ottawa. Justin Trudeau voudra probablement se servir avec parcimonie de l’aide du Bloc pour gouverner. Il n’est jamais bien vu, ailleurs au pays, de s’allier aux indépendantistes québécois. M. Blanchet a même changé de ton concernant la loi 21, après avoir nourri ce feu chaque jour durant la campagne. Il donne ainsi des munitions à ceux qui plaident que le fédéral a très peu à voir avec les contestations judiciaires de la loi québécoise sur la laïcité de l’État. 

Jagmeet Singh, le funambule  

Photo Courtoisie

Jagmeet Singh a passé la semaine à hésiter sur la position à adopter face à Justin Trudeau. Tantôt plus ferme, tantôt plus conciliant, M. Singh aurait mieux fait de choisir. Soucieux de se montrer ouvert, le chef du NPD jure qu’il ne trace pas de ligne dans le sable qui déterminerait son appui au discours du trône. 

De l’autre, il soutient que son appui aux libéraux est conditionnel à ce que le discours contienne un plan de match pour la mise en œuvre d’une assurance médicaments universelle. Dans les faits, c’est ce qu’on appelle une ligne rouge. M. Singh doit l’assumer au lieu de tergiverser comme l’a fait la chef du Parti vert Elizabeth May. 

Elizabeth May, décidée

Capture d'écran TVA Nouvelles

La porte-voix du Parti vert, Elizabeth May, ne pourrait être plus claire. 

Son parti promet de voter contre le discours du trône et chaque vote de confiance qui suivra, comme le budget. Et cela, tant et aussi longtemps que les libéraux n’adopteront pas des cibles de réduction des gaz à effet de serre plus ambitieuses. La fermeté de sa position est proportionnelle à la complexité du calcul politique qui la sous-tend. 
 
Avec trois députés à la Chambre des communes, le poids politique des verts est marginal. Sa position est donc sans risque.