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«The Irishman»: du grand Scorsese

«The Irishman»: du grand Scorsese
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Martin Scorsese retrouve ses habitués, Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci et Harvey Keitel qui mènent le bal du film de gangsters «The Irishman».

L’Irlandais du titre, c’est Frank Sheeran (Robert De Niro dans l’un de ses meilleurs rôles). Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, il devient conducteur de camion réfrigéré et va livrer de la viande. D’une carcasse à l’autre, il se transforme en tueur attitré de Russell Bufalino (Joe Pesci), patron de la pègre. Sur ordre de ce dernier, il travaille pour Jimmy Hoffa (Al Pacino, éblouissant), le syndicaliste américain disparu en 1975, et l’assassine.

Tiré de «I Heard You Paint Houses» – phrase dite à quelques reprises dans le film et signifiant «J’ai entendu dire que vous peignez des maisons», la peinture des maisons étant un code pour liquider quelqu’un – de Charles Brandt, le scénario de «The Irishman» se veut une chronique des mémoires de Frank Sheeran, homme qui a admis avoir perpétré pas moins de 25 meurtres sur ordre de la mafia, dont celui de Jimmy Hoffa.

«The Irishman»: du grand Scorsese
Adriana M. Barraza/WENN.com

Comme le long métrage suit l’existence du protagoniste, Scorsese prend son temps. En 209 minutes, avec un budget de 150 millions $ – qui a servi à rajeunir les acteurs septuagénaires, un tour de force technologique auquel le spectateur doit néanmoins s’habituer –, il couvre une bonne trentaine d’années d’histoire de la pègre et, ce faisant, d’histoire américaine. L’invasion ratée de la Baie des cochons, le rôle de Joe Kennedy dans l’élection de son fils à la fonction suprême, la nomination de Bobby Kennedy au ministère de la Justice, les compromissions de Hoffa... cette fresque est celle d’un pays corrompu jusqu’à la moelle.

Cette histoire est aussi celle d’un homme ayant appris à tuer sans sourciller. Brutal et froid, Frank Sheeran fait son travail, et rien que son travail. Ses dilemmes moraux – si tant est qu’il en ait vraiment, c’est aussi l’une des sphères d’exploration du réalisateur – sont illustrés par sa fille (jouée par Lucy Gallina, puis adulte par Anna Paquin). Dépouillée de ses artifices, tant tragiques qu’épiques du «Parrain», la mafia de «The Irishman» est une simple affaire comme une autre, une «business» de mort, de corruption, de crimes.

Volontairement contemplatif, ce long métrage est aussi celui de la mort émotionnelle d’un homme qui, pourtant, ne cesse jamais d’espérer la rédemption.

  • Note : 4,5 sur 5