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Un honneur pleinement mérité

Le 2 mai 1985, Peter Stastny a déjoué le gardien Steve Penney, du Canadien, en prolongation lors du septième match de la série demi-finale d’association. Chris Chelios (24) et Guy Carbonneau (21) ont été incapables de neutraliser l’attaquant des Nordiques qui remportaient la série 4-3.
Photo d’archives Le 2 mai 1985, Peter Stastny a déjoué le gardien Steve Penney, du Canadien, en prolongation lors du septième match de la série demi-finale d’association. Chris Chelios (24) et Guy Carbonneau (21) ont été incapables de neutraliser l’attaquant des Nordiques qui remportaient la série 4-3.

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J’ai beaucoup de respect pour Guy Carbonneau et ce qu’il a accompli dans sa carrière. Il a assurément été un acteur important de la rivalité entre le Canadien de Montréal et les Nordiques de Québec. Si, aujourd’hui, on joue au golf ensemble à l’occasion, je peux vous assurer qu’à l’époque, ce n’était pas le cas !

J’ai commencé à me frotter à Carbo dans les rangs juniors alors que je dirigeais les Draveurs de Trois-Rivières et que lui était le joueur vedette des Saguenéens de Chicoutimi. Dans la LHJMQ, c’était un sacré marqueur comme en font foi ses saisons de 83, 141 et 182 points !

Mais déjà, aussi, c’était un compétiteur.

Cet aspect de son jeu lui a permis de s’adapter dans la Ligue nationale de hockey, et c’est la raison pour laquelle j’ai autant de respect pour lui. Même s’il avait dominé offensivement dans les rangs juniors, il est devenu un joueur défensif au niveau supérieur.

Et tout un.

Il pouvait quand même produire offensivement, mais c’est son flair défensif qui lui a permis de devenir un joueur aussi dominant qu’il l’a été. Le trio qu’il formait avec Bob Gainey et Chris Nilan était un véritable cauchemar pour les meilleurs joueurs adverses.

CONTRE STASTNY

Tout au long de sa carrière, Carbo a été confronté aux meilleurs de son sport. Les Wayne Gretzky, Mario Lemieux, Steve Yzerman et Peter Stastny ont tous goûté à sa médecine à un moment ou à un autre.

J’ai été aux premières loges de ces confrontations Stastny-Carbonneau, d’ailleurs. Le rôle de Carbo était évidemment de faire ombrage à notre meilleur attaquant, et ce furent des confrontations au sommet. Chaque joueur a eu ses beaux moments. Évidemment, je ne peux que rappeler le but de Peter, au Forum de Montréal, lors du septième match de notre série contre le Tricolore en 1985.

Carbo m’en parle encore. C’était très rare qu’il ratait une couverture défensive, mais, sur ce jeu, il avait échappé Peter l’instant d’une seconde, et ce dernier avait poussé un retour de lancer derrière le gardien de but pour nous propulser vers la victoire.

UN GRAND JOUEUR

Je me souviens également d’un match lors duquel, chaque fois que j’envoyais Peter Stastny sur la patinoire, l’entraineur du CH – je ne me souviens plus qui c’était – retirait Bobby Smith et Mats Naslund pour envoyer Carbonneau. Je voyais de l’autre côté que ça ne faisait pas l’affaire des deux joueurs alors je disais à Peter de rester sur la glace le plus possible !

De beaux souvenirs.

Même si cette rivalité nous a fait nous haïr à l’époque, on a tourné la page. Je le répète, mais Carbo a tout mon respect et son intronisation au Temple de la renommée du hockey est une reconnaissance tout à fait méritée.

Sans être le joueur le plus volubile, il a toujours su se faire respecter de ses coéquipiers. Patrice Brisebois ou Benoit Brunet vous le diront : quand ils ont débuté leur carrière dans la LNH, leur référence, c’était Carbo.

FINALE DE 1999

J’ai aussi eu la chance de couvrir la finale de la coupe Stanley de 1999 entre les Sabres de Buffalo et les Stars de Dallas et je me souviens à quel point l’opinion dans le vestiaire des Stars était unanime : tout le monde le respectait.

On savait que peu importe les situations, blessé ou pas, il se donnerait corps et âme pour l’équipe.

Mon cher Carbo, tu n’as pas volé cet honneur. Félicitations !

— Propos recueillis par Kevin Dubé

GRETZKY A BIEN FAIT

Les rumeurs voulant que Wayne Gretzky dirige l’équipe canadienne à la Coupe Spengler n’ont pas duré longtemps. Le 99 a finalement refusé l’offre de Hockey Canada et il a bien fait. Gretzky est un bon ami de Sean Burke, le directeur général de l’équipe canadienne, alors il a sans doute hésité un peu avant de prendre sa décision. Par contre, je ne crois pas qu’il avait quoi que ce soit à gagner là-bas. Disons qu’il n’a pas connu une longue carrière d’entraineur dans la Ligue nationale de hockey et, s’il veut vraiment se refaire un nom, le Championnat du monde serait une meilleure option. La Coupe Spengler, on repassera !

LUONGO LE GENTLEMAN

Les Panthers de la Floride ont nommé Roberto Luongo à titre de conseiller spécial au directeur général de l’équipe Dale Tallon. C’est le retour du balancier pour le nouveau retraité. Il ne fait aucun doute que Luongo a pensé à l’organisation des Panthers en premier lorsqu’il a décidé de prendre sa retraite, car il savait que ces derniers ne le forcerait jamais à prendre une telle décision, par respect pour les services rendus. De lui offrir un emploi de gestion n’est qu’une façon de le remercier. Bravo aux Panthers et bravo à Roberto Luongo, pour qui une place au Temple de la renommée du hockey est déjà réservée. Un autre gardien développé au Québec qui aura marqué l’histoire de son sport.

ISLES ET AVS

J’ai envie de lever mon chapeau à deux organisations cette semaine : les Islanders de New York et l’Avalanche du Colorado. Encore une fois, Barry Trotz fait de l’excellent travail et il semble avoir trouvé un moyen de relancer Derick Brassard. L’attaquant québécois joue probablement son meilleur hockey depuis cinq ou six ans, et la présence de Trotz n’y est assurément pas étrangère. Du côté de l’Avalanche, je ne peux passer sous le silence le début de carrière incroyable du jeune défenseur Cale Makar. Ce jeune a tout pour réussir, et j’ai beaucoup de mal à voir comment il pourra être embêté pour le titre de recrue de l’année s’il continue à ce rythme.