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Un(e) PDG de 327 milliards

Michael Sabia
Photo d’archives, PIerre-Paul Poulin Michael Sabia part en février prochain

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D’immenses défis à relever attendent la prochaine tête dirigeante de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les embûches à surmonter seront nombreuses.

Officiellement, il revient au conseil d’administration de la Caisse de choisir la personne qui remplacera Michael Sabia, après avoir fait entériner son choix par le gouvernement Legault.

«On s’entend-tu » pour dire que François Legault ne se fera aucunement imposer une personne avec qui il n’aura pas d’atomes crochus.

LES DÉFIS

Voici quelques-uns des défis à relever par la personne qui dirigera les destinées de la Caisse au cours des cinq prochaines années.

1• À la suite de la performance exceptionnelle que les marchés financiers ont enregistrée cette année, le risque de connaître en 2020 des rendements plutôt moches est très élevé. D’autant plus que l’actuel cycle haussier de la Bourse « perdure » depuis mars 2009, ce qui en fait historiquement un des plus longs.

2• Les marchés étant gonflés à bloc, les risques de traverser une période difficile sont élevés. En « prime », s’ajoute un éventuel ralentissement économique au Canada, peut-être même une récession mondiale.

3• Sous Sabia, la Caisse a considérablement augmenté ses investissements étrangers. Ceux-ci accaparent maintenant 64 % de l’actif de 327 milliards $ du portefeuille de la Caisse. La Caisse est ainsi très exposée aux soubresauts des grands marchés internationaux et aux volatils marchés des pays émergents.

4• La forte présence de la Caisse dans les paradis fiscaux (30 milliards $) n’est pas un indicateur de bonne gouvernance. C’est inacceptable, un changement de cap s’impose !

5• Le poids du Québec dans l’actif total de la Caisse a baissé de quelque 6 points de pourcentage au cours des cinq dernières années, passant de 26,9 % (2013) à 20,6 % en 2018. Sous le gouvernement Legault, la Caisse devra augmenter sa présence au Québec.

6• Message au comité de sélection du PDG de la Caisse : François Legault veut une personne compétente qui a « à cœur » le développement économique du Québec. À prix concurrentiel, privilégier nos entreprises va de soi.

7• La mission de privilégier le Québec inc. ne doit évidemment pas nuire pour autant à la mission capitale de la Caisse, soit celle de rapporter un bon rendement.

SUR LA LISTE

Qui a le panache, les habiletés, les connaissances... pour remplacer Michael Sabia à la tête de la Caisse ?

Quelques gestionnaires ont été évoqués dans les médias, dont André Bourbonnais (l’ex-PDG d’Investissements PSP devenu gestionnaire d’un gros fonds américain de BlackRock), Jean Raby (PDG de la firme internationale Natixis Investment Managers), Monique Leroux (ex-PDG de Desjardins, présidente du CA d’Investissement Québec)

J’ai six autres personnes à ajouter à la courte liste.

♦ Isabelle Courville : ingénieure et avocate de formation, la présidente du conseil d’administration du CP occupait auparavant la même fonction à la Banque Laurentienne. Elle a également présidé dans le passé Hydro-Québec Distribution et Groupe Bell Nordiq.

♦ Monique Gravel : diplômée en finances et relations internationales, la chef de direction de la firme Claret Gestion de placements avait précédemment fait carrière chez la firme de courtage CIBC Wood Gundy, où elle a gravi tous les échelons jusqu’au poste de chef de la direction.

♦ Diane Giard : avec sa maîtrise en administration des affaires et ses 30 années dans le milieu bancaire, dont plusieurs à titre de première vice-présidente à la direction Particuliers, Entreprises et Marketing de la Banque Nationale, est une administratrice de sociétés demandée.

♦ Martin Coiteux : bardé de diplômes, dont un doctorat en économie internationale, l’ex-ministre et président du Conseil du trésor et ex-professeur à HEC occupe présentement le poste clé d’économiste en chef de la Caisse.

♦ Claude Bergeron : membre du Barreau, en plus de détenir un MBA international, le chef de la direction des risques et des relations avec les déposants de la Caisse a vu évoluer l’institution depuis 1988.

♦ Roland Lescure : ancien numéro 2 de la Caisse, le député français occupe présentement le poste de président de la commission des Affaires économiques du gouvernement d’Emmanuel Macron. Le réputé économiste français fut l’un des meilleurs stratèges financiers au monde.

Mesdames, messieurs, bonne chance !