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Enjeux de société

Théâtre Prospero Migraaaants
Photo courtoisie, Théâtre Prospero

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Après avoir été présentée en Europe, la pièce Migraaaants, de l’auteur et journaliste franco-roumain Mateï Visniec, sera montée sur la scène du Prospero. On y aborde divers enjeux sur la délicate question des migrants, tant pour celui qui fuit que pour celui qui accueille.

Cette pièce coup de poing, tirée d’un livre paru en 2016, pourra sans doute être difficile à regarder. Déjà, on verra le prix que certains sont prêts à payer pour fuir les horreurs de leur pays d’origine et embarquer sur des bateaux de fortune pour rejoindre le Vieux Continent. Les passeurs et les marchands de rêves sont prêts à tout pour faire un peu d’argent et profiter de la situation, tandis que ceux qui veulent sauver leur peau sont prêts à donner tout ce qu’ils ont pour fuir. On constatera que l’on peut même vendre ses organes pour se payer une traversée clandestine. C’est d’autant plus significatif lorsque l’on n’a aucune garantie de pouvoir se rendre à destination.

L’auteur Matei Visniec s’est inspiré d’histoires vraies et vécues pour écrire sa pièce en suivant le destin de certains migrants qui ont réussi à se frayer un chemin, tandis que pour d’autres, c’est leur vie qui a été fauchée en pleine mer Méditerranée.

« On aborde la pièce avec un côté burlesque, une farce absurde », lance le comédien Sébastien Dodge, qui interprétera le président d’un État qui n’est pas nommé, mais que l’on devine européen.

Dure réalité

L’auteur, qui a enquêté pendant plusieurs mois pour Radio France internationale sur le phénomène des migrants, qui se comptent par millions, a tiré des conclusions sur cette dure réalité. Au trafic d’organes s’ajoutent la violence, le proxénétisme et la cruauté. Si les embûches pour rejoindre l’Europe sont multiples, on comprendra également que le rêve est souvent brisé à leur arrivée­­­, les migrants n’étant pas toujours les bienvenus.

Bien que la pièce reflète davantage la réalité européenne, où l’on suit le trajet de ceux qui ont fui l’Afrique à partir de Tanger, au Maroc, point de passage vers l’Europe, on a aussi pensé à aborder une réalité plus près de chez nous, notamment celle liée aux prises de position du président américain. Pour mieux faire passer le message, on sera dans la comédie noire. « On présente une série de sketches pour illustrer nos propos », annonce le comédien.

Terre d’accueil

On verra également le point de vue de ceux qui accueillent. Sommes-nous trop généreux envers eux alors que plusieurs des nôtres sont dans le besoin ? Et pourquoi ne veulent-ils pas s’identifier à ceux qui les accueillent au lieu de tenir fermement à imposer leur culture, leurs coutumes et leur religion, voire leur façon de s’habiller qui dérange la plupart de ceux qui les accueillent ? Autant de questions sans nécessairement de réponses. Après tout, s’ils refusent de s’intégrer à leur terre d’accueil, ils n’avaient qu’à ne pas venir s’y installer, diront certains.

« On a une grande galerie de personnages », dit Sébastien Dodge en guise de conclusion.

Par ailleurs, on pourra voir le comédien dans la pièce Soifs matériaux qui sera présentée en reprise à l’Espace Go en janvier prochain.

Migraaaants

  • Auteur : Mateï Visniec
  • Metteur en scène : Margarita Herrera Dominguez
  • Distribution : Luiza Cocora, Sébastien Dodge, Mohsen El Gharbi, Sasha Samar et Lesly Vélazquez
  • Jusqu’au 30 novembre
  • Au Théâtre Prospero (Salle intime)