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[PHOTOS] Voici 10 édifices historiques disparus du paysage de la ville de Québec

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Plusieurs édifices du patrimoine bâti de la ville de Québec n'ont pas survécu à l’effet du temps, soit en raison du feu ou parce qu'ils ont été abandonnés, puis démolis. D'autres encore n'ont pas survécu aux promoteurs. En voici quelques-uns.  

1) Le château Haldimand  

École normale Laval sur la rue des Carrières dans le quartier Vieux-Québec, vers 1890. BAnQ Québec (P546, D3, P8).
Photo Fred C. Würtele
École normale Laval sur la rue des Carrières dans le quartier Vieux-Québec, vers 1890. BAnQ Québec (P546, D3, P8).

La construction du château Haldimand, érigé entre 1784 et 1787, est une commande du gouverneur Frederick Haldimand (1718-1791). Le bâtiment se situait en face du château Saint-Louis. Cet édifice en pierre mesurait 100 pieds de longueur et comptait trois étages avec des combles. S’y tenaient principalement des réceptions officielles ainsi que des bals donnés par les gouverneurs.  

Après avoir connu plusieurs autres vocations, le bâtiment devient le siège de l’École normale Laval en 1857. En 1860, le gouvernement de la province de Québec décide d’y établir l’Assemblée législative ainsi que des bureaux d’administration. Les professeurs et les élèves doivent donc se relocaliser dans la maison des Jésuites sur la rue Dauphine. En mars 1865, le château Haldimand redevient l’École normale jusqu’en 1892. Il est démoli la même année pour faire place au Château Frontenac.  

Démolition de l’École normale Laval sur la rue des Carrières dans le quartier Vieux-Québec, 1892. BAnQ Québec (P546, D5, P5).
Photo Fred C. Würtele
Démolition de l’École normale Laval sur la rue des Carrières dans le quartier Vieux-Québec, 1892. BAnQ Québec (P546, D5, P5).

2) Le magasin du Roi  

Le magasin du Roi sur la rue Champlain, août 1910. BAnQ Québec (P546, D3, P61).
Photo Fred C. Würtele
Le magasin du Roi sur la rue Champlain, août 1910. BAnQ Québec (P546, D3, P61).

Le magasin du Roi est érigé en 1819 à proximité du quai du Roi, aujourd’hui le quai de la Reine, et de l’anse du Cul-de-Sac. Cet imposant entrepôt mesurait 200 pieds de longueur et comptait trois étages. Cette vaste construction possédait des murs de pierre d’une épaisseur de trois pieds. Tout d’abord, ce bâtiment a été utilisé comme entrepôt de l’armée pour, par la suite, être affecté au service de la Marine. Malheureusement, il est détruit par un incendie le 17 mars 1950.  

Aujourd’hui, un parc occupe son emplacement sur le boulevard Champlain. À la droite de ce bâtiment, on peut apercevoir l'Ancien édifice de la Douane de Québec, aujourd’hui un lieu historique national du Canada.  

L’incendie du magasin du Roi sur la rue Champlain, 18 mars 1950. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P452).
Photo, Photo Moderne Enrg.
L’incendie du magasin du Roi sur la rue Champlain, 18 mars 1950. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P452).

3) L’église Saint-Vincent-de-Paul   

Le patronage et l’église Saint-Vincent-de-Paul, 1937. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P166750-1).
Photographe non identifié
Le patronage et l’église Saint-Vincent-de-Paul, 1937. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P166750-1).

Aujourd’hui, l’église Saint-Vincent-de-Paul et son patronage ne sont plus qu’un souvenir. Construit entre 1895 et 1898 par l’architecte François-Xavier Berlinguet, ce vaste complexe contenait notamment l’église ainsi qu’une école.   

Incendie de l’église Saint-Vincent-de-Paul, 15 mai 1949. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P119).
Photographe non identifié
Incendie de l’église Saint-Vincent-de-Paul, 15 mai 1949. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P119).

Le 15 mai 1949, l’église est ravagée par un incendie. Elle est reconstruite en 1950. Le réaménagement de la colline parlementaire et du secteur de la place D’Youville nécessite la démolition des bâtiments situés à l’est de l’église. En 1988, l’église est désaffectée et mise en vente par les religieux. Elle est démolie entre 2009 et 2010. Le site est désormais vacant.  

4) Le moulin des frères Reid à Wendake  

Le moulin Reid à la chute Kabir Kouba, vers 1900. BAnQ Québec (P600, S6, D5, P360).
Photo A. Boivin, Loretteville
Le moulin Reid à la chute Kabir Kouba, vers 1900. BAnQ Québec (P600, S6, D5, P360).

Le site de la chute Kabir Kouba à Wendake voit l’installation d’un moulin à farine dès 1731. Les Jésuites sont les premiers à l’utiliser. Ne l’exploitant pas eux-mêmes, ils en donnent la responsabilité à des meuniers. Plus tard, vers 1749, un moulin à scie est incorporé à la bâtisse. Ce dernier devient un bâtiment distinct entre 1847 et 1853. En 1854, un moulin à papier est construit un peu plus au nord.   

En 1870, les frères James et William Reid en deviennent les propriétaires. Après 1871, le moulin à farine cède définitivement sa place au moulin à papier. Malheureusement, l’incendie du 1er août 1900 détruit entièrement le moulin. Cet événement marque la fin de l’entreprise. Aujourd’hui, quelques parties des fondations sont encore présentes sur le site.   

5) L’hôtel de ville de la rue Saint-Louis  

Le premier hôtel de ville sur la rue Saint-Louis, vers 1880. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P69781).
Photographe non identifié
Le premier hôtel de ville sur la rue Saint-Louis, vers 1880. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P69781).

Entre 1840 et 1896, le premier hôtel de ville de Québec s’établit sur la rue Saint-Louis, à l’intersection de la rue Sainte-Ursule.  

Ce bâtiment est érigé entre 1795 et 1797 par Thomas Aston Coffin. Par la suite, en 1816, il devient la propriété du juge Thomas Dunn. Plus tard, son fils William cède la maison à la ville. Elle est rénovée par les architectes Browne et Lecourt en 1850. En 1898, elle est démolie pour faire place aux bâtiments actuels.  

Sous un autre angle, on peut voir ici une partie de la rue Saint-Louis vers 1870. Le bâtiment situé à la droite de l’hôtel de ville est alors occupé par la cour du recorder, l’ancêtre de la cour municipale. De plus, si on y regarde de plus près, on peut apercevoir l’ancienne porte Saint-Louis à l’arrière-plan.  

L’hôtel de ville sur la rue Saint-Louis, vers 1870. BAnQ Québec (P546, D1, P67).
Photo L. P. Vallée, Portrait and Landscape Photographer, Quebec
L’hôtel de ville sur la rue Saint-Louis, vers 1870. BAnQ Québec (P546, D1, P67).

6) L’élévateur à grain de la Great Northern  

L’élévateur à grains de la Great Northern, vers 1910. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1-15, P2160).
Photographe non identifié
L’élévateur à grains de la Great Northern, vers 1910. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1-15, P2160).

L’élévateur à grain de la compagnie ferroviaire du Grand Nord est érigé en 1900 sur la Pointe-à-Carcy, dans le port de Québec. Il pouvait contenir jusqu’à un million de boisseaux de céréales. Au début du XXe siècle, on veut faire de Québec un grand port céréalier qui pourrait concurrencer celui de New York. Finalement, l’immense silo à grains est peu utilisé. Il est détruit par le feu le 16 octobre 1909 comme l’édifice de la Douane, les hangars, les entrepôts et les quais environnants.  

7) La porte Hope et la porte du Palais  

Vue rapprochée extra-muros de la porte Hope, vers 1870. BAnQ Québec (P1000, S4, D59, P72).
Photo L. P. Vallée, Portrait and Landscape Photographer, Quebec
Vue rapprochée extra-muros de la porte Hope, vers 1870. BAnQ Québec (P1000, S4, D59, P72).

Les militaires britanniques font construire la porte Hope en 1786. Située au bas de la rue Sainte-Famille, elle permet de contrôler l’accès à la ville fortifiée par la côte de la Canoterie. À l’époque, les portes sont mal éclairées et sont difficilement accessibles pour les voitures à cheval. À l’époque, les portes sont fermées pour la nuit. L’accès à la ville est alors bloqué jusqu’au lendemain. En fin de compte, la porte Hope ainsi que les murs adjacents sont démolis en 1873 à la suite du départ de la garnison britannique.  

Vue rapprochée extra-muros de la Porte du Palais, vers 1870. BAnQ Québec (P1000, S4, D59, P75).
Photo L. P. Vallée, Portrait and Landscape Photographer, Quebec
Vue rapprochée extra-muros de la Porte du Palais, vers 1870. BAnQ Québec (P1000, S4, D59, P75).

La porte du Palais est construite en 1690. Elle est remplacée en 1748, puis de nouveau en 1830. Elle se situait sur la côte du Palais. Comme la porte était très étroite et qu’elle constituait un obstacle à la circulation, elle est également démolie en 1873.  

8) L’Auberge le Chien d’Or  

Vue prise du parc Montmorency de la Porte Prescott à l'ancien Bureau de Poste, vers 1865. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P279).
Photo L. P. Vallée
Vue prise du parc Montmorency de la Porte Prescott à l'ancien Bureau de Poste, vers 1865. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P279).

En 1688, le chirurgien Timothée Roussel fait construire une maison sur la rue Buade, qui est connue à l’époque sous le nom de la Maison du Chien d’Or. En 1734, c’est Nicolas Jacquin dit Philibert, le héros de la légende du Chien d’Or, qui en devient propriétaire.  

Vers 1786, elle est acquise par le lieutenant Miles Prentice. Elle devient alors l’Auberge Le Chien d’Or et sert de salle de réunion pour les francs-maçons.   

Entre 1846 et 1869, le vieux bâtiment sert de bureau de poste. En 1869, l’édifice est démoli pour faire place à l’Hôtel des Postes, aujourd’hui l’édifice Louis-S. St-Laurent. Le bas-relief du chien d’or, sculpté à la fin du XVIIe siècle, est conservé et intégré au nouvel édifice livré en 1872. Il y est toujours.  

Le bas-relief du Chien d’Or, vers 1940. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1-14, P1297R).
Photographe non identifié
Le bas-relief du Chien d’Or, vers 1940. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1-14, P1297R).

9) Le Palais de l’intendant  

Vue de la façade du Palais de l'Intendant, vers 1873. BAnQ Québec (P835, D3, P1).
Photographe non identifié
Vue de la façade du Palais de l'Intendant, vers 1873. BAnQ Québec (P835, D3, P1).

L’actuel site de l’îlot des Palais est un site historique et archéologique d’exception. Sur ces anciens terrains, les intendants de la Nouvelle-France s’occupaient de gérer tous les aspects de l’administration civile. Économie, commerce, justice et peuplement faisaient partie de leurs responsabilités. Le palais de l’intendant était donc un important lieu de pouvoir en Nouvelle-France.  

Même si le palais de l’intendant ne fait plus partie du paysage de la ville, les voûtes actuelles du second et du troisième palais existent toujours. Ce sont d’ailleurs les plus grandes voûtes du Régime français encore visibles à Québec.  

Outre le palais, le site a également été occupé par deux brasseries. Tout d’abord, il y a celle de l’intendant Jean Talon en 1668. Par la suite, en 1852, c’est au tour de l’Irlandais Joseph Knight Boswell de s’y installer. En 1952, la brasserie Boswell fusionne avec Dow. Les activités de l’entreprise cessent en 1968.  

Gravure du Palais de l’intendant - Album historique de James McPherson Lemoine, 1874-1911. BAnQ Québec (P835, D1, P1).
Auteur non identifié
Gravure du Palais de l’intendant - Album historique de James McPherson Lemoine, 1874-1911. BAnQ Québec (P835, D1, P1).

10) Le marché Montcalm  

Le marché Montcalm sur la Place D’Youville, vers 1885. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P214).
Photographe non identifié
Le marché Montcalm sur la Place D’Youville, vers 1885. BAnQ Québec (P600, S6, D1, P214).

En 1875, à la suite du nivellement des glacis des fortifications, la ville fait construire un nouveau marché public à l’extérieur des murs. La halle Montcalm, construite avec les pierres provenant des fortifications, renferme environ quarante étals. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont occupés principalement par les marchands de viande et de légumes. Quant au deuxième étage, il contient trois salles destinées à des activités socioculturelles et éducatives.   

Les étals extérieurs se situaient là où l’on retrouve maintenant la patinoire de la place D’Youville. Les activités du marché cessent en 1929. En 1931, la ville autorise l’agrandissement de la halle afin d’y aménager un centre culturel et récréatif : le Palais Montcalm. Finalement, une reconstruction partielle du bâtiment est nécessaire en raison du mauvais état des murs.   

Un texte de Catherine Lavoie   

  • Vous pouvez consulter la page Facebook de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en cliquant ici et son site Web en vous rendant ici.  
  • Vous pouvez également lire nos textes produits par la Société historique de Québec en cliquant ici et par la Société d'histoire de Lévis en cliquant ici.   

Bibliographie    

  • CARON, Jean-François. Le Chien d’Or, Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française [en ligne]. www.ameriquefrancaise.org/  
  • GUIMONT, Jacques. Découvertes majeures aux forts et châteaux Saint-Louis. Cap-aux-Diamants, numéro 93 (2008), p. 15-20.  
  • JEAN, Michèle, Au temps des moulins à la chute Kabir Kouba, Ministère de la Culture et des Communications, Ville de Loretteville, 1994, 25 p.  
  • LEBEL, Jean-Marie. Quebec City Midwest. Cap-aux-Diamants, volume 5, numéro 3 (1989), p. 58.  
  • S.a., «Église de Saint-Vincent-de-Paul», Ville de Québec [en ligne]. www.ville.quebec.qc.ca  
  • S.a., «Îlot des Palais», Ville de Québec [en ligne]. www.ville.quebec.qc.ca  
  • S.a., «Marchés», Ville de Québec [en ligne]. www.ville.quebec.qc.ca