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Une publicité antibilinguisme fait réagir à Moncton

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MONCTON | Après Ottawa, c'est au tour de Moncton d'être au cœur d'une offensive publicitaire menée par un groupe militant contre le bilinguisme, cette fois-ci du Nouveau-Brunswick. 

En effet, une publicité de l'Anglophone Rights Association of New Brunswick demandant aux citoyens «s'ils ont l'impression que l'implantation du bilinguisme est allée trop loin» a fait son apparition sur les autobus de la Ville de Moncton dans les derniers jours. La publicité incitait les gens à joindre l'organisme pour faire entendre leur voix. 

L'organisme Codiac Transpo, qui gère le transport en commun dans la région, a réagi samedi en expliquant qu'elle fait affaire avec une entreprise privée pour la gestion des publicités. «Nous avons appris l’existence d'une publicité sur l'un de nos autobus qui ne suit pas la position de la Ville en matière de bilinguisme. [...] Codiac Transpo a déjà communiqué avec l'entreprise [responsable des publicités] pour que cette publicité soit retirée», a assuré l'organisation sur sa page Facebook. 

La question du bilinguisme au Nouveau-Brunswick – la seule province officiellement bilingue au pays – soulève les passions depuis quelque temps. Notamment, l'exigence que les ambulanciers de la province s'expriment dans les deux langues officielles a été remise en question par certains groupes, surtout en contexte de pénurie de main-d'œuvre dans ce corps de métier. 

Sur son site internet, l'Anglophone Rights Association of New Brunswick explique qu'à son avis, l'imposition du bilinguisme dans la province ne fonctionne pas. «En unissant et utilisant nos voix collectivement pour réclamer des changements, nous souhaitons arriver à une équité et de la logique dans l'application des lois sur les langues», plaide le groupe militant. 

L'association a dénoncé la «censure» de sa publicité, en faisant valoir qu'elle ne fait pas la promotion de la haine ou de la violence. «Elle a été retirée... parce que quelqu'un ne l'aimait pas – qu'elle ne rencontrait pas leur vision», a jugé le groupe. 

Au cours de la dernière semaine, un autre groupe militant, celui-là opposé au bilinguisme à la grandeur du pays, a déposé des pamphlets promouvant ses idées lors d'un événement organisé par le maire d'Ottawa, Jim Watson. Ce dernier avait condamné ce coup d'éclat antifrancophone.